Cotonou, la capitale béninoise, accueille depuis le jeudi 29 janvier et ce jusqu’au vendredi 30 janvier 2026, le premier forum des médias sur les maladies tropicales négligées (MTN) sur le thème : « De la négligence à la mise en lumière : faire avancer l’agenda africain pour l’élimination des MTN ».
C’est une initiative du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) avec l’appui de Speak Up Africa et d’autres partenaires qui, à travers cette rencontre, entendent mettre les phares sur une thématique oubliée mais qui a des conséquences néfastes sur les populations.
En effet, aujourd’hui, plus d’un milliard de personnes sont exposées au risque d’au moins une MTN, dont plus de 40 % en Afrique. Ces maladies touchent surtout les communautés pauvres et isolées, renforçant le cercle vicieux de la pauvreté et de la marginalisation. En 2025, 56 pays ont réussi à éliminer au moins une MTN et en 2023, plus de 860 millions de personnes ont bénéficié d’un traitement préventif dont la chimiothérapie. Autant de causes qui justifient la tenue dudit forum.
Durant donc deux jours de travaux près de 70 journalistes issus de 35 pays africains sont à Cotonou pour « renforcer le repositionnement des MTN comme une priorité politique, financière et de développement, en donnant aux journalistes africains les moyens de produire une couverture médiatique à forte visibilité, qui mette en valeur les succès, souligne les défis et stimule des actions et investissements concrets », a en croire le président du REMAPSEN, Youssouf Bamba dans son allocution de circonstance.
Les maladies tropicales négligées regroupent plus de 20 maladies transmissibles qui touchent de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables. Parmi elles figurent la filariose lymphatique, l’onchocercose (cécité des rivières), la schistosomiase, les géohelminthiases et le trachome.
Vont meubler les travaux de la rencontre qui se tient également en format présentiel autant qu’en ligne, trois panels suivants : « État des MTN en Afrique : données, progrès, défis et opportunités » ; « Équité, innovation et sport au service des communautés pour l’élimination des MTN » ; « Rôle des médias africains dans le plaidoyer sanitaire et la mobilisation des ressources ». Il faut aussi préciser qu’un atelier sera consacré à l’élaboration d’un projet de plan d’action média, sans oublier une visite de terrain au Centre de dépistage et de traitement de la lèpre et de l’ulcère de Buruli de Pobè, ville au sud-est du Bénin, dans le département de Plateau. Le point d’orgue de ce forum reste la cérémonie des Awards du REMAPSEN « Prix Michel Sidibé », pour récompenser les meilleurs journalistes dans le domaine de la santé et de l’environnement.

En ouvrant les travaux du forum, la directrice adjointe du cabinet du ministre de la Santé du Bénin, Mme Françoise Sybille Assavedo, a interpellé l’Afrique à travers les différents acteurs sur la capacité de s’affirmer, de définir des priorités et de mobiliser des ressources internes. Selon elle, la dépendance aux ressources extérieures n’est ni suffisante, ni soutenable. « Nous devons renforcer les financements domestiques, diversifier les sources et bâtir des partenariats innovants et responsables », a martelé Mme Françoise Sybille Assavedo.
Des acquis à renforcer
Au cours des dernières années, l’Afrique s’est imposée comme un acteur majeur de la lutte mondiale contre les maladies tropicales négligées (MTN). À ce jour, plus de 24 pays du continent sont parvenus à éliminer au moins une MTN. Le Togo a marqué l’histoire en 2022 en devenant le premier pays au monde à éradiquer quatre MTN : la maladie du ver de Guinée, la filariose lymphatique, la maladie du sommeil et le trachome. Le Bénin et le Ghana ont, pour leur part, réussi à éliminer chacun trois MTN à l’échelle nationale.
Ces performances remarquables ont été rendues possibles grâce, entre autres, au vaste programme mondial de dons de médicaments, dans le cadre duquel l’industrie pharmaceutique s’est engagée à fournir près de 28 milliards de traitements de 2021 à 2030. Ce dispositif couvre une vingtaine de médicaments produits par douze fabricants. Au-delà des avancées sanitaires, ces résultats traduisent de véritables succès en matière d’innovation, de volonté politique et de mobilisation communautaire.
