Un nouveau drame vient raviver les critiques sur le fonctionnement du système hospitalier togolais. Au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) Sylvanus Olympio, un jeune soudeur victime d’un accident de la circulation a perdu la vie vendredi dernier sans avoir reçu de soins, selon des informations rapportées notamment par la radio Victoire Fm.
L’accident s’est produit à Hedzranawoé, à la jonction du boulevard Jean-Paul II et de la voie menant vers Natchaba. Circulant à moto, la victime a subi de graves blessures : fractures à la jambe et aux côtes, ainsi qu’un traumatisme crânien. Alertés, les sapeurs-pompiers sont intervenus, avec un léger retard selon des témoignages, avant de l’évacuer vers le centre de santé des corps habillés à Lomé 2.
Faute de prise en charge adaptée, le blessé a été transféré vers le CHU Sylvanus Olympio, principal centre hospitalier du pays. C’est à ce niveau que la situation bascule dans le drame. Selon les éléments recueillis, le jeune homme serait resté sans assistance pendant plus d’une heure et demie, de 9h à 10h30, sans qu’aucun acte médical, « pas même une simple prise de tension artérielle », ne soit effectué, indique Auxnouvelles.tg.
Toujours d’après ces sources, il a finalement succombé sous les yeux d’agents de santé décrits comme « totalement indifférents ». Ce n’est qu’après son décès que des tentatives de réanimation auraient été engagées, sans succès, avant le transfert du corps à la morgue.
Ce décès relance une problématique récurrente au Togo : celle de l’accueil et de la prise en charge des urgences dans les structures sanitaires publiques. Ces dernières années, plusieurs cas similaires ont alimenté le débat public, notamment sur les délais d’intervention, l’organisation des urgences et les conditions d’accès aux soins, en particulier dans les grands centres comme le CHU Sylvanus Olympio.
Dans un contexte où les autorités affichent leur volonté de moderniser le système de santé, ce type d’incidents graves apparait comme un décalage persistant entre les ambitions affichées et la réalité vécue par les usagers. Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été donnée.
