Microplastiques : à Lomé, le documentaire Homo Plasticus alerte sur une menace invisible pour la santé humaine

À Lomé, la pollution plastique n’est plus seulement une question environnementale, elle devient un enjeu sanitaire majeur. Ce vendredi 30 janvier 2026, la Coalition Internationale Francophonie Zéro Plastique, à travers ses organisations membres au Togo, l’Association Nénuphar et Lotus Togo et DUA NEKO, a projeté le documentaire Homo Plasticus, une œuvre choc destinée à sensibiliser les populations sur les dangers liés aux microplastiques. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Francophonie Zéro Plastique, alors que la pollution plastique est désormais reconnue comme une crise planétaire aux effets durables.

Le documentaire, dense et rigoureusement documenté, met en lumière un fait désormais établi par la recherche scientifique : l’omniprésence des microplastiques dans l’organisme humain. De l’air à l’eau, de l’alimentation aux objets du quotidien, ces particules invisibles pénètrent le corps humain et franchissent même la barrière placentaire. « Dire qu’aujourd’hui les microplastiques se retrouvent dans l’organisme humain, de la mère à l’enfant dès le stade du fœtus, c’est une réalité. Le bébé, avant même de naître, y est déjà exposé », alerte Adéoussi Chérif, président de l’Association Nénuphar et Lotus Togo. Pour lui, l’enjeu dépasse la simple diffusion d’informations : « Il s’agit d’abord d’informer, de conscientiser, puis de réfléchir aux moyens d’action pour éradiquer ce problème ».

Cette démarche de sensibilisation trouve un écho particulier dans le contexte togolais, où la gestion des déchets plastiques demeure un défi structurel, notamment dans les grandes agglomérations comme Lomé. Représentant la Direction de l’Environnement, Tchalla Matiou a salué une initiative en phase avec les efforts engagés par l’État togolais depuis plus d’une décennie. Il a rappelé que le pays s’est doté dès 2011 d’un cadre juridique visant à encadrer la lutte contre la pollution plastique, un dispositif récemment réévalué. « En novembre dernier, plusieurs évaluations et tests relatifs aux politiques ont été validés, notamment une analyse du cadre juridique de 2011 à 2025 afin d’identifier ce qui a été accompli et ce qui reste à améliorer », a-t-il précisé.

Selon lui, les effets de la pollution plastique sont désormais visibles à tous les niveaux : dégradation du paysage urbain, contamination chimique, risques sanitaires croissants et atteintes graves aux écosystèmes. « Cela appelle à un changement de comportement généralisé, afin d’assurer la protection de tous », insiste-t-il, soulignant la nécessité d’une mobilisation conjointe des autorités publiques, des populations et des organisations non gouvernementales.

La séance de projection, organisée avec l’appui de France Volontaires Togo, a réuni un large éventail d’acteurs : représentants des ministères de l’environnement et de l’éducation, élus de la mairie du Golfe 4, organisations de la société civile, médias et experts environnementaux. À l’issue des échanges, les participants se sont dits mieux outillés pour comprendre l’ampleur de la crise et ses implications sur la santé humaine. « Depuis longtemps, nous utilisons beaucoup de plastique sans vraiment avoir d’alternatives ni de pression pour résoudre ce problème. C’est vraiment dangereux de laisser la population dans le noir à ce sujet », témoigne Babatom Essoham. « Le plastique est peut-être économiquement rentable, mais sur le plan de la santé, c’est très risqué. Nous mettons en danger non seulement nous-mêmes, mais aussi les générations futures. Ce documentaire m’a ouvert les yeux. On se rend compte que le plastique est partout ».

L’initiative ne se veut pas isolée. Les organisateurs annoncent déjà la poursuite des actions de terrain, avec des séances de sensibilisation élargies et la promotion de solutions locales durables. « Nous avons commencé, c’est le premier projet. Nous répéterons des initiatives similaires et poursuivrons la sensibilisation, tout en prônant des solutions écologiques pour faire face à la pollution plastique, une crise environnementale et sociale », assure Bolouvi Ablam Segno, point focal Togo de la Coalition Internationale Francophonie Zéro Plastique.

À travers Homo Plasticus, Lomé se joint ainsi à un mouvement global qui interpelle sur l’urgence d’agir. Entre renforcement des politiques publiques, changement de comportements et valorisation d’alternatives écologiques, le défi reste immense, mais la prise de conscience semble désormais amorcée.

Quelques clichés de la soirée de diffusion :

 

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