Depuis juillet 2025, le dépistage et la prise en charge médicale de la drépanocytose sont devenus gratuits sur tout le territoire togolais. Une décision historique qui marque un tournant dans les politiques de santé publique du pays, alors que cette maladie génétique figure parmi les plus meurtrières en Afrique subsaharienne.
Encore mal connue du grand public, la drépanocytose touche directement des centaines de milliers de Togolais. Elle est provoquée par une anomalie de l’hémoglobine : les globules rouges prennent une forme de faucille, entraînant des crises douloureuses, des infections à répétition et, trop souvent, la mort prématurée. Les enfants sont les plus vulnérables : sans traitement, près d’un malade sur deux n’atteint pas l’âge de cinq ans.
Conscientes de l’ampleur du drame, les autorités sanitaires ont décidé d’agir. Désormais, chaque nouveau-né peut être dépisté gratuitement, et les soins sont assurés sans frais pour les familles. Le ministère de la Santé insiste : cette politique vise à détecter la maladie dès la naissance afin d’améliorer la survie des enfants et de prévenir les complications graves. Les résultats parlent déjà d’eux-mêmes : plus de 50 000 bébés ont été testés depuis janvier, et environ 2 % présentent une forme sévère de la maladie.
Sur le terrain, la mise en œuvre ne se limite pas aux hôpitaux. Des campagnes de sensibilisation se multiplient dans les quartiers de Lomé, Kara, Sokodé ou encore Dapaong, afin de mieux informer les parents sur la maladie et l’importance du dépistage précoce. Car la drépanocytose ne se combat pas seulement avec des médicaments : elle exige une vigilance permanente, un suivi médical adapté et une information claire des familles.
Au-delà de l’impact médical, cette politique publique envoie un signal politique fort : la santé des enfants et des familles vulnérables est une priorité nationale. Si la gratuité doit désormais être consolidée par un approvisionnement régulier en médicaments, la formation des soignants et une meilleure couverture territoriale, elle constitue déjà une avancée majeure.
En rendant le dépistage et le traitement accessibles à tous, le Togo espère réduire drastiquement la mortalité infantile et inspirer ses voisins de la sous-région. La lutte contre la drépanocytose, longtemps reléguée au second plan, s’impose désormais comme un combat national pour la justice sociale et la dignité des malades.
