La Cour pénale internationale (CPI) traverse l’une des plus graves crises de son histoire récente. Son procureur général, Karim Khan, a été suspendu de ses fonctions avec effet immédiat à la suite d’accusations d’agression sexuelle faisant l’objet d’une enquête externe.
La décision a été prise le 8 juin 2026 par les 21 membres du Bureau de l’Assemblée des États parties à la CPI. Dans un communiqué, l’instance précise avoir décidé « par la majorité qualifiée (…) de suspendre le procureur de ses fonctions avec effet immédiat », tout en soulignant que cette mesure ne préjuge pas de l’issue de la procédure en cours.
Le magistrat britannique, en poste depuis juin 2021, rejette fermement les accusations portées contre lui. Déjà en mai 2025, Karim Khan avait annoncé se mettre temporairement en retrait afin d’assurer sa défense alors qu’une enquête était ouverte pour examiner des faits présumés de faute professionnelle.
Selon plusieurs médias internationaux, les accusations émanent d’une collaboratrice de la CPI. Le Wall Street Journal rapporte que cette dernière aurait affirmé devant des représentants des Nations unies avoir été victime, à plusieurs reprises, d’attouchements sexuels forcés de la part du procureur.
Cette suspension intervient dans un contexte particulièrement sensible pour la juridiction basée à La Haye. Figure centrale de la justice pénale internationale, Karim Khan s’était imposé ces dernières années comme l’un des visages les plus exposés de la CPI, notamment après avoir obtenu en 2024 des mandats d’arrêt visant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant dans le contexte de la guerre à Gaza.
Ces initiatives avaient provoqué de vives tensions diplomatiques. Israël avait notamment demandé la récusation du procureur britannique et contesté la validité des mandats d’arrêt. À l’époque, le porte-parole de la diplomatie israélienne avait accusé Karim Khan de chercher à « détourner l’attention du public des accusations graves portées contre lui ».
Au-delà du cas personnel du procureur, cette affaire place la CPI dans une position délicate. L’institution, chargée de poursuivre les auteurs des crimes les plus graves à l’échelle internationale, se retrouve confrontée à une crise de crédibilité interne au moment où son rôle est déjà au cœur de nombreuses controverses géopolitiques.
L’enquête externe se poursuit désormais pour déterminer la véracité des accusations. En attendant ses conclusions, la suspension de Karim Khan ouvre une période d’incertitude au sommet de la plus haute juridiction pénale internationale.
