Politique : une manifestation de l’opposition annoncée à Dapaong

A quelques semaines de la tenue des élections municipales, trois formations politiques de l’opposition, l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) et l’Alliance nationale pour le changement (ANC), montent au créneau pour dénoncer ce qu’elles qualifient de « graves irrégularités » dans le processus électoral, notamment la validation controversée de la liste du parti au pouvoir UNIR dans la commune de Tône 1.

Dans une correspondance adressée lundi au préfet de Tône, les fédérations locales de ces partis annoncent une marche de protestation pour le samedi 28 juin 2025. Motif de la colère : la présence, selon elles, d’un candidat inéligible sur la liste UNIR Tône 1 et des modifications opérées de manière illégale après la clôture du dépôt des candidatures. Les leaders de l’opposition locale dénoncent un « sabotage organisé du processus démocratique » et s’insurgent contre ce qu’ils perçoivent comme une instrumentalisation de la justice électorale au profit du parti présidentiel.

Selon les plaignants, c’est la publication de la liste provisoire des candidatures par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui a révélé l’irrégularité. Le nom de Pouguime Kombaté, présenté en deuxième position sur la liste UNIR Tône 1, y figure alors que l’intéressé est membre de la CENI Tône 1-4. Ce cumul de fonctions est expressément proscrit par l’article 277 du Code électoral, qui rend inéligibles les membres de la CENI tant que leur mandat est en cours.

Dans la foulée, les partis concernés ont saisi la Chambre administrative de la Cour suprême. Et, dans un premier temps, ils ont obtenu gain de cause. Par l’arrêt n°011-EM-2025 du 12 juin 2025, la haute juridiction a invalidé la liste UNIR Tône 1. La décision a même été exécutée par la CENI, qui a procédé à un nouveau tirage au sort pour déterminer le positionnement des listes sur les bulletins de vote.

Mais ce qui semblait être un retour à l’ordre légal a été brutalement remis en question six jours plus tard. Le 18 juin 2025, la Cour suprême rend un nouvel arrêt, le n°034-EM-2025, réhabilitant la liste UNIR Tône 1. Un revirement que les opposants jugent injustifié sur le plan du droit. « Cette décision a été prise sans justification juridique claire », affirment les signataires de la note, dénonçant une volte-face inquiétante de l’appareil judiciaire, au détriment de l’équité électorale.

Au-delà du maintien de M. Kombaté, les partis dénoncent d’autres modifications jugées illégales de la liste UNIR, opérées après la date de clôture des candidatures, en violation du Code électoral. Ils citent notamment le remplacement de Kimogso Flindjo, initialement numéro 3 sur la liste et président de la section locale de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), par son propre père, Kossi Flindjo. De même, le candidat tête de liste, Minlayème Sougle, aurait été remplacé par Gnimpal Djargui. Ces changements, affirment les contestataires, sont non seulement illégaux mais aussi « moralement inacceptables » dans une démocratie.

C’est dans ce contexte que les fédérations ADDI, DMP et ANC appellent leurs militants, sympathisants et l’ensemble de la population à se mobiliser massivement pour la marche pacifique du samedi 28 juin à 11 heures, au départ des affaires sociales de Dapaong. L’itinéraire prévu passe par les quartiers Mélina et Haoussa Zongo, pour s’achever au stade municipal de Dapaong. Les organisateurs assurent que la manifestation sera pacifique et encadrée, et rappellent qu’elle est motivée par un « impératif de respect de la loi et de l’intégrité du processus électoral ».

Publicité