L’Union des Forces de Changement (UFC), l’un des plus anciens partis de l’opposition togolaise, traverse une nouvelle zone de turbulences. Réuni en session extraordinaire le lundi 18 mai 2026 à Lomé, le bureau directeur du parti a prononcé l’exclusion définitive de quatre militants, dont l’ancien ministre et figure politique Elliott Ahlin Ohin. La décision a été officialisée dans un communiqué signé par le 2ᵉ vice-président de la formation, Sena Alipui.
Selon le document, cette sanction fait suite à l’examen des « propos et agissements » des intéressés au regard des textes internes du parti. Le bureau directeur affirme s’être appuyé sur l’article 47 des statuts ainsi que sur l’article 26 du règlement intérieur de l’UFC, dispositions qui prévoient l’exclusion d’un membre lorsque ses actes compromettent « durablement les intérêts, la discipline et l’unité du parti ».
Les personnes visées par cette mesure sont Esther Adigo, Bismarck Aboda, Fada Adzrakou et Elliott Ahlin Ohin. Dans son communiqué, la direction de l’UFC accuse les trois premiers de « transhumance politique », un terme régulièrement utilisé dans le paysage politique togolais pour désigner des militants ou cadres soupçonnés de rapprochement avec d’autres formations politiques ou de prises de position jugées incompatibles avec la ligne du parti.
Le cas d’Elliott Ahlin Ohin apparaît toutefois plus sensible politiquement. Ancien secrétaire général de l’UFC et figure historique du parti fondé par Gilchrist Olympio, il est accusé par la direction de « violations répétées des statuts et dispositions du règlement intérieur », mais aussi d’« actes d’indiscipline et de sabotage de l’action du parti ». Des griefs lourds qui traduisent l’ampleur des tensions internes au sein d’une formation politique dont l’influence s’est progressivement réduite au fil des recompositions de l’opposition togolaise.
Longtemps considérée comme la principale force de l’opposition au Togo, l’UFC a connu un tournant majeur après l’accord de coopération signé avec le pouvoir en 2010, décision qui avait provoqué des fractures durables dans ses rangs et favorisé l’émergence de nouvelles formations politiques concurrentes. L’exclusion d’Elliott Ahlin Ohin, personnalité historique du parti, illustre ainsi les difficultés persistantes de l’UFC à préserver son unité dans un paysage politique togolais en constante recomposition.
À ce stade, les militants concernés n’ont pas encore officiellement réagi à leur exclusion.
