À Blitta-Gare, les élus régionaux se forment pour éviter des dérives dans la commande publique

Du 18 au 21 juin 2025, la ville de Blitta-Gare a accueilli un atelier de formation inédit sur la commande publique, à l’intention des acteurs régionaux des Plateaux et de la Centrale. Organisé par l’Agence nationale de formation des collectivités territoriales (ANFCT), avec le soutien financier de la Banque mondiale à travers le Programme de modernisation de l’administration publique pour la délivrance des services (PMADS), cet atelier s’inscrit dans la dynamique de renforcement des capacités des institutions nouvellement mises en place dans le cadre de la décentralisation au Togo.

Dans un contexte où les jeunes régions administratives cherchent encore leurs marques, la maîtrise des procédures de commande publique devient un levier indispensable pour éviter les erreurs du passé : retards, conflits d’attribution, non-transparence et gaspillage de ressources. L’objectif affiché de la formation était clair : amener les participants à s’imprégner des textes et pratiques fondamentales qui encadrent la passation et l’exécution des marchés publics au Togo. Pour les collectivités territoriales qui s’apprêtent à engager les premières grandes dépenses publiques, cette initiative tombe à point nommé.

Des modules comme « le cadre réglementaire et institutionnel de la commande publique au Togo », « les procédures de gestion et types de marchés publics », « l’élaboration d’un Plan de passation des marchés (PPM) » et « l’élaboration du Dossier d’appel à la concurrence (DAC) » ont permis aux participants de consolider leurs connaissances juridiques, administratives et techniques en la matière. L’atelier a aussi été l’occasion d’une sensibilisation pratique aux pièges fréquents de la gestion des fonds publics.

Cette session de formation traduit l’engagement de l’agence à diffuser les meilleures pratiques de gestion efficace et transparente des dépenses publiques. Un impératif, au moment où les régions doivent construire leur crédibilité vis-à-vis des citoyens et des partenaires financiers.

Amédjrovi Koffi, administrateur des collectivités locales dans la région des Plateaux, a souligné l’importance d’une telle formation pour prévenir les blocages souvent causés par la méconnaissance des règles de passation. « Nous sommes très aguerris et prêts à appliquer ce que nous avons appris au cours de ces quatre jours. Ce que nous savions avant est incomparable avec ce que nous savons désormais, notamment sur les règles à respecter pour passer un marché public », a-t-il déclaré avec satisfaction.

Même son de cloche du côté de Ouro Akondo Abdou Gafarou, comptable du Conseil régional de la Centrale, qui insiste sur l’urgence de mettre en œuvre ces compétences dans une administration encore jeune : « C’est une matière que nous venons d’apprendre et que nous allons mettre en exécution très rapidement. Les règles régissant la commande publique sont claires, et nous avons été outillés pour éviter les dysfonctionnements liés à leur méconnaissance. »

Le président du Conseil régional de la Centrale, Apoudjak Wahab, se veut tout aussi confiant quant à la suite. Pour lui, cette formation est une clé de lecture indispensable pour les élus, qui, bien que n’étant pas les exécutants directs des marchés, doivent évaluer, approuver et décider en toute connaissance de cause : « Il est bien vrai que l’essentiel du travail sera fait par le personnel d’appui, mais ce sont les élus qui doivent comprendre ce qu’on leur soumet avant de valider. Aujourd’hui, nous sortons édifiés. La gestion se fera désormais avec plus d’efficience et d’efficacité. »

De son côté, Mme Kossiwa Amouzou-Djaké épouse Banssah, première vice-présidente du Conseil régional des Plateaux, a insisté sur le rôle crucial de la commande publique pour répondre efficacement aux besoins des populations. « Si on nous donne l’argent, il faut bien acheter des éléments, en logistique, en fourniture, pour fonctionner et investir. Il faut savoir identifier les besoins des préfectures, compléter les actions des maires et satisfaire nos populations », a-t-elle expliqué, soulignant les défis que représente une région composée de douze préfectures comme celle des Plateaux.

Cette session de formation intervient dans un contexte où les attentes des populations vis-à-vis de leurs élus sont de plus en plus fortes. Avec la récente mise en place des conseils régionaux, les regards sont tournés vers ces nouvelles entités qui doivent désormais faire preuve de transparence, de compétence et d’efficacité.

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