La Commission chargée du suivi de la Solution automatisée de marquage (SAM) a présenté, le mercredi 21 janvier à Kara, le bilan de la mission de contrôle et de sensibilisation conduite du 15 au 21 janvier dans l’ensemble des sept préfectures et localités ciblées de la région. La rencontre, qui a réuni le gouvernorat, les préfets, les maires et les acteurs du commerce, s’inscrit dans la mise en œuvre du marquage fiscal sécurisé obligatoire instauré par le gouvernement togolais depuis le 1er septembre 2020.
Au cœur des échanges, les résultats d’une opération de terrain d’envergure : sur 103 801 produits contrôlés, seuls 36 082 étaient effectivement marqués, soit un taux de conformité d’environ 34,8 %, malgré une couverture de 100 % des zones ciblées. Autrement dit, près de 65 % des produits en circulation restent non conformes, révélant une pénétration encore insuffisante de la réforme dans les circuits de distribution de la région de la Kara.
Présentant l’évaluation de la mission et les contours de la réforme du marquage fiscal sécurisé obligatoire, le directeur exécutif de la commission, Essotina Single, et son président, Esso-Wavana Ahmed Adoyi, ont mis en lumière les constats majeurs, les difficultés rencontrées sur le terrain, ainsi que les recommandations formulées. Ils ont rappelé le cadre réglementaire, les modalités de marquage direct ou par vignettes, et le rôle du consommateur dans la vérification de l’authenticité des produits.
Pour M. Adoyi, la SAM poursuit un double objectif stratégique : la protection de la santé publique et l’optimisation des recettes fiscales au service du développement national et local. « Les contrôleurs ont passé environ une semaine dans la région de la Kara. Ils ont sillonné les préfectures, communes et villages pour toucher du doigt les réalités sur le terrain. Mais le constat montre que le taux d’appropriation de la réforme n’est pas encore atteint », a-t-il reconnu. Il a insisté sur le caractère innovant de ce dispositif, « une innovation technologique majeure dans le domaine de la traçabilité, de la transparence commerciale et de la gestion fiscale », qui facilite la lutte contre la contrefaçon, améliore la sécurité sanitaire des consommateurs et renforce la conformité réglementaire.
Du côté des autorités administratives, le secrétaire général du gouvernorat de la région de la Kara, Gountibote Gnigbangou, a souligné que cette démarche s’inscrit pleinement dans la politique nationale de sécurisation des recettes publiques, de lutte contre la fraude et de promotion de l’équité fiscale. Il a salué l’appui des autorités locales, des forces de défense et de sécurité et des services déconcentrés de l’État dans le déroulement des opérations.
Au-delà du constat chiffré, le défi reste celui de l’adhésion massive des producteurs, importateurs et opérateurs économiques à la réforme. Dans un contexte national marqué par la recherche d’une mobilisation accrue des ressources internes et par les exigences de protection des consommateurs face aux produits contrefaits ou de qualité douteuse, l’extension effective de la SAM apparaît comme un levier crucial. La commission a ainsi appelé à une sensibilisation plus inclusive afin que les acquis de cette mission « fassent tache d’huile » et que la traçabilité, la sécurité sanitaire et la transparence fiscale deviennent des réflexes partagés, condition indispensable pour renforcer à la fois la confiance des populations et la capacité de financement du développement au Togo.




