Le Parlement togolais a franchi une nouvelle étape dans la réorganisation de l’écosystème d’appui à l’entrepreneuriat. Réunis en séance plénière jeudi 5 mars 2026 sous la présidence de Komi Selom Klassou, les députés de l’Assemblée nationale du Togo ont adopté à l’unanimité le transfert des missions, du personnel et du patrimoine du Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes vers l’Agence de développement des très petites, petites et moyennes entreprises.
La séance s’est déroulée en présence du ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social, Gilbert Bawara, et de la ministre chargée du Développement à la base, de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes, Mazamesso Assih.
Créé en 2006, le FAIEJ avait pour vocation d’accompagner les jeunes entrepreneurs dans le financement et la structuration de leurs initiatives économiques. En deux décennies d’existence, le mécanisme a permis de financer 5 370 projets pour un montant global de 3,57 milliards de FCFA, avec un taux de remboursement évalué à 61,3 %. Des résultats jugés encourageants, mais que le gouvernement souhaite désormais amplifier à travers une réforme structurelle.
L’option retenue consiste à regrouper les instruments publics d’appui à l’entrepreneuriat au sein d’un dispositif plus intégré. En absorbant les attributions du FAIEJ, l’ADTPME voit son champ d’action élargi à l’ensemble des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), qui représentent plus de 80 % du tissu économique togolais. L’objectif affiché est de créer un véritable guichet unique, capable de coordonner les programmes d’accompagnement, de mutualiser les ressources financières et techniques et d’assurer une meilleure pérennité des mécanismes de financement, en particulier pour les jeunes porteurs de projets.
Au sein de la majorité parlementaire, la réforme est présentée comme une mesure de rationalisation. Prenant la parole au nom des députés du parti au pouvoir, Atcholi Aklesso a salué une décision qu’il qualifie de « cohérence et d’efficience », estimant qu’elle permettra de renforcer l’impact des politiques publiques en faveur de l’entrepreneuriat.
Pour la ministre Mazamesso Assih, l’enjeu dépasse la simple réorganisation administrative. Selon elle, le transfert des activités du FAIEJ vers l’ADTPME vise également à sécuriser les emplois existants et les mécanismes de financement tout en consolidant l’accompagnement des porteurs de projets. Dans le même esprit, le président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, a inscrit la réforme dans la dynamique impulsée par le Faure Gnassingbé, évoquant la volonté des autorités de « bâtir un écosystème entrepreneurial plus solide, au service de l’innovation et de l’emploi ».
