Le Grand Lomé se redessine : vers plus de 500 000 adresses pour structurer la capitale

Le District autonome du Grand Lomé (DAGL) a officiellement enclenché une nouvelle phase de modernisation urbaine avec l’actualisation et l’extension du système d’adressage de la capitale togolaise. L’étude de faisabilité du projet a été présentée le mercredi 17 décembre 2025 à Lomé, lors d’une rencontre réunissant autorités locales, experts techniques et partenaires, dans un contexte marqué par une croissance démographique soutenue et une urbanisation rapide de l’agglomération.

Près de dix ans après la dernière opération d’envergure réalisée en 2014, cette initiative vise à mettre à jour les noms de rues, les numéros des parcelles et des bâtiments, habitations, commerces et services publics, tout en intégrant de vastes espaces urbains récemment urbanisés. L’ambition affichée est claire : doter chaque habitant du Grand Lomé d’une adresse physique fiable, moderne et exploitable, à la fois par les services publics, les opérateurs privés et les plateformes numériques.

Ouvrant les travaux, le secrétaire général du DAGL Tagba Ataféyinam Tchalim, représentant le gouverneur du District met avant l’inclusion sociale. « L’extension et la modernisation de l’adressage proposée par le DAGL s’inscrit dans la politique d’inclusion sociale de la feuille de route gouvernementale 2020-2025, sous l’impulsion avisée de Son Excellence Monsieur le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, et intègre les nouvelles technologies des systèmes d’information géographique » a-t-il déclaré.

Sur le plan technique, le projet prévoit la constitution d’une base de données informatique intégrant des voies codifiées et nommées, ainsi que des informations géolocalisées pour chaque point d’adresse. Le système repose sur une logique métrique, avec un numéro d’entrée directement lié à la voie publique, afin de faciliter l’orientation, la localisation et l’accès aux services.

Les chiffres avancés traduisent l’ampleur de l’opération. Selon les données communiquées, près de 5 000 kilomètres de voies et 538 000 portes seront concernés. Il est prévu l’actualisation de 110 000 adresses existantes et la création de 428 000 nouvelles adresses, portant à plus de 500 000 le nombre total d’adresses physiques sécurisées dans le Grand Lomé. Les techniciens évoquent également environ 16 000 voies, dont 13 000 à nommer et géolocaliser dans les 13 communes de la capitale.

Une phase de matérialisation sur le terrain accompagnera ce travail de fond, avec l’installation de plaques signalétiques mentionnant le numéro de la porte et le nom ou le code de la voie. Elle sera suivie d’un processus de certification, d’identification et d’intégration des données dans une base centrale, à partir des relevés effectués quartier par quartier.

Pour les autorités du District, les retombées attendues dépassent largement la simple question de la localisation. « Cet adressage sera bénéfique pour toute la population, en facilitant notamment les démarches liées à l’accès aux services publics », a souligné Bassimsouwé Edjam-Etchaki, directeur de la planification statistique du DAGL. Il rappelle qu’une étude préalable a mis en évidence les limites du système actuel : « Le président du projet d’adressage a mené une étude qui a révélé que peu de citoyens utilisent l’adressage existant, qui n’est pas maîtrisé. Nous avons donc repensé le système pour qu’il soit réellement bénéfique et utile aux habitants. »

Au cœur du dispositif figure également la participation citoyenne. « L’adressage impliquera le citoyen, qui devra effectuer son parcours et s’enregistrer dans la base. Il s’adresse aussi aux services publics et privés », a précisé le responsable du DAGL, annonçant la mise en place d’une plateforme numérique permettant aux populations de renseigner et de valider leurs adresses.

Chargée de l’exécution technique du projet, la société Eden Map met en avant l’innovation méthodologique retenue. « Nous avons innové à plusieurs niveaux, tant sur la méthodologie que sur la mise en œuvre, ainsi que sur les outils qui seront déployés au sein du DAGL », a expliqué Stéphane de Goësbriand, consultant de la structure.

Au-delà de la domiciliation, ce projet d’adressage ambitionne de s’inscrire dans la dynamique nationale de l’identité numérique en cours au Togo, tout en proposant une méthodologie et des outils réplicables à l’échelle du pays. Il contribuera également à une meilleure gestion de l’espace urbain, à la valorisation de l’histoire locale et à la modernisation des 13 communes du Grand Lomé, à l’heure où les défis liés à la mobilité, à la sécurité, à la fiscalité locale et à la planification urbaine se posent avec acuité.

Financé dans le cadre du Projet Environnement Urbain de Lomé (PEUL 3), avec l’appui de partenaires techniques et financiers dont l’Agence française de développement (AFD), ce nouveau programme s’inscrit dans la continuité des précédentes opérations menées depuis l’indépendance du Togo, notamment en 1998 et en 2008. Lancé sur des bases posées en 2022, il marque aujourd’hui une étape structurante vers une gouvernance territoriale plus efficace, dans une capitale appelée à poursuivre sa mutation démographique et économique.

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