Après trois jours d’intenses travaux, l’atelier de formation sur la mobilisation des ressources financières organisé par l’Agence nationale de formation des collectivités territoriales (ANFCT) s’est achevé le 10 juin 2026 à Notsè. Cette session, qui a réuni maires, secrétaires généraux, présidents et rapporteurs des commissions des finances, régisseurs, responsables financiers et chefs de recouvrement, s’inscrit dans le cadre du vaste programme national de renforcement des capacités des acteurs de la décentralisation porté par l’institution.
À travers cette initiative, l’ANFCT poursuit un objectif stratégique : permettre aux collectivités territoriales de mieux mobiliser leurs ressources financières afin de faire face aux nombreuses responsabilités qui leur sont transférées dans le cadre de la décentralisation. En effet, malgré les avancées enregistrées depuis la mise en place des communes, la question du financement du développement local demeure l’un des principaux défis auxquels sont confrontées les collectivités.
Faible recouvrement des recettes locales, difficultés dans l’identification des contribuables, insuffisance de maîtrise des procédures administratives et financières, méconnaissance de certains textes réglementaires ou encore faibles capacités techniques des acteurs constituent autant de facteurs qui limitent la capacité des communes à financer leurs investissements et à améliorer les services destinés aux populations.
C’est précisément pour répondre à ces contraintes que l’ANFCT a développé cette formation autour de trois modules majeurs portant sur le cadre juridique des ressources financières des collectivités territoriales, l’organisation et le fonctionnement des régies de recettes ainsi que les procédures de mobilisation des ressources financières.
L’ambition affichée est de permettre aux acteurs locaux de mieux comprendre les mécanismes de mobilisation des recettes fiscales, non fiscales et des financements extérieurs, tout en renforçant leur maîtrise des outils et procédures nécessaires à une gestion plus efficace et plus transparente des finances communales.
Facilitateur de la session, M. Badaba Aklesso estime que les échanges ont permis d’identifier plusieurs insuffisances qui freinent encore les performances financières des collectivités.

« Nous avons passé en revue les textes législatifs et réglementaires qui encadrent la mobilisation des ressources des collectivités territoriales. Nous avons également travaillé sur l’organisation des régies de recettes ainsi que sur les procédures de mobilisation des ressources fiscales, non fiscales et extérieures. Les débats ont révélé que de nombreux acteurs exercent déjà ces activités mais qu’ils manquent parfois d’outils ou de documents essentiels pour assurer un suivi rigoureux. Les participants ont reconnu ces difficultés et se sont engagés à améliorer leurs pratiques », a-t-il expliqué.
Au-delà de l’acquisition de connaissances théoriques, la formation visait surtout à produire des changements concrets dans les méthodes de travail des collectivités. L’ANFCT entend ainsi contribuer à une meilleure sécurisation des recettes communales, à un renforcement de la transparence financière ainsi qu’à une augmentation des ressources propres des communes.
Les participants repartent avec la conviction que plusieurs pratiques devront évoluer afin d’améliorer les performances financières de leurs collectivités.

Pour M. Ezin Koffi Tsognon, directeur administratif et financier de la commune Haho 1, les enseignements reçus permettront aux responsables locaux de mieux maîtriser les responsabilités respectives des différents acteurs intervenant dans la chaîne financière.
« Cette formation nous a permis de renforcer notre compréhension du cadre juridique, du fonctionnement des régies de recettes et des procédures de mobilisation des ressources financières. Nous disposons désormais d’outils qui nous permettront d’accompagner efficacement les ordonnateurs dans leurs missions et de mieux sécuriser les recettes communales », a-t-il souligné.
Même constat du côté de Mme Kodjokpoe Yawa, secrétaire générale de la commune Haho 3, qui voit dans cette initiative un levier important pour améliorer les capacités de mobilisation des ressources au niveau local.
Selon elle, les échanges ont notamment permis de mettre en lumière certaines procédures qui demeuraient insuffisamment appliquées dans plusieurs collectivités, notamment celles relatives au recensement des contribuables et à l’émission préalable des titres de recettes.
« Grâce aux connaissances acquises durant cette formation, nous allons revoir nos pratiques afin d’améliorer la mobilisation des ressources de notre commune », a-t-elle affirmé.
Pour les élus locaux également, la formation répond à une attente forte. Adjoint au maire de la commune Haho 4, M. Amoussou Kodjo Edem estime que le renforcement des capacités constitue une condition essentielle pour permettre aux communes d’exécuter efficacement leurs projets de développement.
« Nous avons beaucoup appris au cours de ces trois jours. Une fois de retour dans nos communes, nous allons procéder à des restitutions afin que les acquis profitent à l’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion financière locale », a-t-il indiqué.
À travers cette session organisée à Notsè, l’ANFCT confirme ainsi sa volonté d’accompagner durablement les collectivités territoriales dans la professionnalisation de leur gestion financière. En dotant les acteurs communaux d’outils pratiques et d’une meilleure maîtrise du cadre réglementaire, l’institution entend contribuer à l’émergence de communes plus performantes, plus autonomes financièrement et davantage capables de répondre aux besoins croissants des populations.
Cette session s’inscrit dans une série de formations déployées à l’échelle nationale par l’ANFCT afin de consolider les acquis de la décentralisation et de renforcer les capacités opérationnelles des collectivités territoriales togolaises.
