La HATIC fera t-elle mieux que la HAPLUCIA ?

À l’issue du Conseil des ministres tenu le mercredi 17 décembre 2025, le gouvernement a acté le remplacement de la Haute autorité de la prévention et de la lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA), au profit d’une nouvelle structure : la Haute Autorité pour la transparence, l’intégrité de la vie publique et la lutte contre la corruption (HATIC).

Dirigée jusqu’ici par Monsieur Aba, la HAPLUCIA est ainsi formellement remplacée par une institution aux prérogatives élargies, traduisant la volonté de l’exécutif d’inscrire la lutte contre la corruption dans un cadre plus global, axé sur la transparence et l’exemplarité dans la gestion des affaires publiques. La décision, prise en Conseil des ministres, s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre progressive de la Constitution du 6 mai 2024 et dans un contexte de réformes institutionnelles visant à renforcer la gouvernance et la crédibilité de l’État.

Nombreux étaient ceux qui espéraient voir la HAPLUCIA adopter une posture plus coercitive dès sa création. Dans les faits, son action a été essentiellement pédagogique et incitative, au détriment de mesures fermes et dissuasives. Pendant ce temps, plusieurs scandales liés à des détournements de fonds, à la corruption et à des dysfonctionnements dans des services publics ou des projets d’État ont continué d’alimenter l’actualité. Une faiblesse liée aux textes fondateurs de l’institution, ne lui donnant qu’un caractère de sensibilisation et non de répression. Une situation de fait qui a cantonné la Haplucia à un rôle mineur d’éducation.

La mise en place de la HATIC suscite donc une attente claire : que la nouvelle autorité assume pleinement ses responsabilités et traduise les principes de transparence et d’intégrité en actions concrètes et visibles. C’est donc dire, que la genèse de cette institution doit lui conférer un champ d’application pouvant répondre aux attentes des togolais, celles de freiner la corruption en mettant sous les verrous les adeptes de la prévarication du dénier public.

Selon le décret adopté, la HATIC a pour mission centrale de promouvoir la probité et l’exemplarité des responsables publics. Elle est désormais chargée de recevoir et de contrôler les déclarations de situation patrimoniale et d’intérêts, un levier présenté comme essentiel pour prévenir les conflits d’intérêts, lutter contre l’enrichissement illicite et consolider durablement les mécanismes de bonne gouvernance. À travers ces attributions, les autorités entendent renforcer la redevabilité des dirigeants publics et améliorer la confiance entre l’administration et les citoyens.

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