Insalubrité dans le Golfe 5 : à Atilamonou, on meurt en silence mais à qui profite le chaos ?

« Errare humanum est, perseverare diabolicum ». En français : « L’erreur est humaine, mais persévérer dans l’erreur est diabolique ». Cette locution latine illustre parfaitement la situation intenable que continuent d’endurer les populations du quartier Atilamonou à Lomé. Il semble qu’il faille une catastrophe majeure pour que les autorités daignent enfin réagir et secourir ces citoyens abandonnés. À voir l’évolution des événements, une question revient avec insistance : à qui profite donc le drame des riverains ? Qui tire avantage de ce commerce de la mort ?

Une sonnette d’alarme ignorée

Début juin, notre journal publie un article choc qui fait grincer bien des dents dans certaines sphères de l’ombre. En cause : l’existence d’une décharge sauvage dans le quartier Atilamonou, relevant de la commune du Golfe 5. Cette décharge irrite profondément les habitants, qui vivent dans des conditions de plus en plus inhumaines.

Et pourtant, malgré les nombreuses plaintes déposées tant auprès de la commune qu’au District Autonome du Grand Lomé (DAGL), aucune action concrète n’a été engagée depuis près d’un an. L’odeur pestilentielle, les risques sanitaires liés à la contamination de la nappe phréatique, l’invasion de mouches, l’insécurité permanente… Rien n’y fait. Les autorités restent sourdes à l’appel à l’aide des riverains.

Une victoire… de courte durée

Le 30 juin 2025, un vent d’espoir souffle brièvement sur Atilamonou. Des panneaux de la mairie sont installés, arborant fièrement l’inscription : « Commune du Golfe 5 – Mairie d’Afla-Gakli : INTERDICTION FORMELLE DE JETER LES ORDURES ICI. AMENDE : 25 000 FCFA ».

L’émotion est forte. Les riverains exultent. « Enfin, nos cris ont été entendus ! » se réjouit B.E. « Voilà enfin le dénouement tant attendu. On va enfin pouvoir respirer », ajoute P.S.

Mais la joie sera de courte durée. Rapidement, les habitants découvrent que l’interdiction ne vise que les pré-collecteurs dits illégaux, non reconnus par la mairie. En réalité, les activités de collecte se poursuivent allègrement, cette fois sous la bénédiction des pré-collecteurs agréés par la commune du Golfe 5. Tricycles et camions se succèdent pour déverser les ordures, toujours au même endroit, avant qu’elles ne soient acheminées vers le centre d’enfouissement d’Aképé.

« Nous avons vu des tricycles supplier des agents, se réclamant de la mairie, pour pouvoir déverser leurs déchets ici », déplore maman D. « Pourquoi la mairie se rend-elle complice de notre calvaire ? Les pré-collecteurs lui paient des taxes, et nous, nous mourons à petit feu ! Est-ce cela, le développement local ? Qu’ils arrêtent de se moquer de nous », s’insurge un habitant excédé.

« Nous ne nous laisserons plus berner. Plus jamais nous ne voterons pour des gens qui nous trahissent. Ce premier mandat a été un véritable chaos ! », martèle J.K., en colère.

À qui profite le chaos ?

Face à tant de colère et d’incompréhension, la question reste entière : qui tire profit de ce système absurde et nuisible à la santé publique ? Pour les riverains, la réponse ne fait plus de doute : la santé des habitants d’Atilamonou n’est tout simplement pas une priorité pour les autorités compétentes, de la commune du Golfe 5 au DAGL.

Que doivent-ils faire pour se faire entendre ? Quelle action engager pour obtenir enfin une solution durable et humaine ? Voilà les interrogations qui, encore aujourd’hui, hantent les esprits dans ce quartier délaissé.

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