C’est désormais officiel. Depuis le 1er mai 2025, 559 militaires ont été radiés de l’armée togolaise pour cause de désertion. La décision, signée par le ministre des Armées, en l’occurrence Faure Gnassingbé lui-même, chef de l’État et commandant suprême des forces armées, est l’une des plus fortes prises dans l’histoire récente de l’institution militaire.
Le communiqué du ministère publié le 05 juillet dernier, référencé N°25-00376/MINARM/SGA/DRH/25, invoque une absence prolongée et injustifiée des soldats concernés entre 2023 et 2025. Ces derniers sont désormais considérés comme déserteurs, conformément au statut général des forces armées togolaises.
Officiellement, cette mesure vise à « préserver l’intégrité, la discipline et la cohésion » d’une armée que le pouvoir veut « moderne et efficace » face à un environnement régional de plus en plus instable. Entre les incursions terroristes dans la région des Savanes, les trafics transfrontaliers, les tensions internes dans certaines casernes, et un climat socio-politique sous surveillance, le Togo fait face à des défis sécuritaires multiples. C’est dans ce contexte que cette « purge », selon les termes utilisés en interne, prend tout son sens stratégique.
« Chaque soldat a un rôle essentiel dans la défense de la nation », martèlent les autorités militaires, qui rappellent que la désertion constitue une faute grave, passible de sanctions administratives et disciplinaires. Selon plusieurs sources au sein de l’armée, la radiation touche des éléments dont certains n’ont plus donné signe de vie depuis plus d’un an, voire deux, et ce malgré les rappels formels. La loi est claire : la fidélité à la patrie et la présence effective dans les rangs sont des exigences fondamentales du métier des armes.
