Depuis plusieurs jours, une étrange information agite les réseaux sociaux togolais : celle d’un supposé lion blessé aperçu dans la localité de Klobatèmé, au nord-est de Lomé. Entre messages alarmistes, vidéos virales et montages humoristiques, l’affaire a rapidement pris une ampleur inattendue, au point de provoquer une véritable psychose dans certains quartiers de la capitale.
Tout serait parti d’informations relayées sur les réseaux sociaux faisant état de la présence d’un félin errant dans cette zone périphérique de Lomé. Très vite, les témoignages se sont multipliés. Ici, certains affirmaient avoir entendu des rugissements nocturnes ; là, d’autres soutenaient avoir aperçu l’animal traversant une rue ou se cachant dans une broussaille. Mais malgré l’ampleur prise par la rumeur, aucun élément concret n’a jusqu’ici permis de confirmer l’existence réelle de ce “lion blessé”.
L’emballement a même dépassé le simple cadre des discussions populaires. Certaines entreprises ont surfé sur le phénomène à des fins marketing, à l’image de la station-service Zener qui a diffusé un visuel publicitaire montrant le félin brandissant une carte de fidélité, preuve que l’affaire s’est transformée en phénomène viral au Togo.
Face à l’inquiétude grandissante, les autorités ont néanmoins pris la situation au sérieux. Des opérations d’inspection ont été menées à au moins deux reprises dans la zone signalée afin de vérifier les informations circulant en ligne. Selon plusieurs sources locales, des équipes de sécurité et de surveillance ont effectué des ratissages sans retrouver la moindre trace formelle de l’animal.
Dans la cour du chef de Klobatèmé, l’étonnement reste total. Les habitants assurent avoir découvert l’affaire sur internet, sans communication officielle préalable. « Nous étions ici samedi quand nous avons vu un hélicoptère survoler la zone pendant plusieurs heures, sans savoir pourquoi. Ensuite, nous avons appris qu’ils recherchaient un lion qui errait dans les environs. Mais personne n’est venu officiellement nous informer d’une telle situation. Nous avons appris cela comme tout le monde, sur les réseaux sociaux », a confié Aziaka Ameyo, épouse du chef de Klobatèmé, à nos confrères de Rèdè Média.
Le secrétaire général du Comité Villageois de Développement (CVD) de Klobatèmé, Mohamed Salifou, affirme pour sa part avoir participé aux recherches. Selon lui, une trace de sang a bien été découverte lors du deuxième jour d’inspection. Des prélèvements auraient alors été effectués afin de déterminer l’origine exacte du liquide retrouvé sur place. Pour l’heure toutefois, aucune communication officielle n’a confirmé qu’il s’agissait de sang animal, encore moins de celui d’un lion.
Cette affaire intervient dans un contexte où les réseaux sociaux jouent un rôle croissant dans la circulation de l’information au Togo, parfois au détriment des vérifications élémentaires. Ces dernières années, plusieurs rumeurs virales, enlèvements fictifs, attaques imaginaires ou fausses alertes sécuritaires, ont régulièrement provoqué des mouvements de panique dans certaines localités du pays.
À Klobatèmé, malgré les recherches et l’ampleur médiatique prise par l’histoire, le mystérieux félin demeure introuvable. En l’absence de preuve tangible, tout porte désormais à croire que le désormais célèbre « lion blessé de Klobatèmé » relève davantage de l’infox collective que d’une réelle menace animale.
