Quatre mois. C’est long. C’est presque une saison de télé-novela. Quatre mois sans Internet. Enfin… pas tout à fait. Disons plutôt : quatre mois à se faufiler par la petite porte des VPN, comme des clandestins du numérique. Pendant que d’autres pays parlaient d’intelligence artificielle, nous, on perfectionnait l’art ancestral du « contourner pour survivre ».
Quatre mois. C’est le temps qu’il a fallu pour que huit millions de Togolais découvrent qu’en 2025, Internet n’est pas un droit, mais un privilège… qu’on peut vous retirer comme une rallonge électrique mal branchée.
Pendant ce temps, la planète parlait de voitures volantes, d’intelligence artificielle et de tourisme spatial. Nous, on était occupés à tester tous les VPN du marché. On a tellement jonglé entre Proton, Nord, Express et autres que certains Togolais méritent désormais un diplôme en « géopolitique de l’évasion numérique ».
Merci aux VPN ! Sans vous, on aurait vraiment cru que le pays avait déménagé hors du réseau mondial. Imaginez un Togo sans WhatsApp : un peu comme un marché sans vendeuses, ou une cérémonie sans discours officiel interminable.
Mais trêve de plaisanteries : pendant que certains « géraient le climat sociopolitique », des commerçants ont perdu des clients, des étudiants ont raté des opportunités, des startups ont fermé boutique. L’économie numérique, ce secteur qu’on cite avec fierté dans les conférences internationales, a été mise sous cloche. Officiellement, pour notre bien. Officieusement… chut, mieux vaut ne pas demander trop fort.
L’on affirme souvent que le jour succède toujours à la nuit sans aucune exception. Et bien voilà, un matin ou un soir, comme par magie, Internet est revenu. Pas d’explication, pas d’excuses, juste un grand silence. Comme si l’on devait dire merci d’avoir retrouvé ce qui n’aurait jamais dû disparaître. Au Togo, couper Internet, c’est un peu comme couper l’eau : on vous la rend sans préavis, et on attend vos applaudissements.
Résultat : les Togolais ont appris deux choses. Un, ne jamais faire totalement confiance au bouton « connexion ». Deux, toujours garder un VPN installé, juste au cas où. Car ici, Internet, c’est comme la démocratie : ça va, ça vient, et ça dépend toujours de l’humeur du jour.
Alors oui, saluons une dernière fois nos vrais héros de l’ombre : les VPN. Ceux qui ont permis aux Togolais de continuer à exister en ligne quand on voulait les renvoyer à l’âge de pierre. Ironie suprême : il aura fallu des outils venus d’ailleurs pour nous rappeler qu’on était encore branchés au monde.
Après quatre mois dans le noir numérique, on sait désormais que la prochaine coupure n’est pas une hypothèse, mais une simple question de calendrier.
Merci donc aux VPN ! Ces compagnons discrets, toujours fidèles, toujours prêts à nous faire passer sous la barrière.
