Togo : l’ATJ2E pleure le départ d’un monument du monde environnemental

Le Togo perd l’une de ses voix les plus connues dans le combat environnemental. Séna Alouka, directeur exécutif de l’ONG Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE), est décédé le 31 août 2026 à Créteil, en France, après une longue maladie, selon plusieurs sources concordantes. Sa disparition, annoncée ce 3 septembre, suscite depuis des messages de condoléances au sein du monde associatif et environnemental togolais et africain.

À travers un communiqué publié ce 3 septembre, le Bureau exécutif de l’Association togolaise des journalistes engagés pour l’environnement (ATJ2E) dit avoir appris « avec une grande consternation » la disparition de celui qu’il présente comme une « figure connue de l’engagement environnemental au Togo ».

Pour l’association, Séna Alouka laisse le souvenir d’un homme « profondément investi dans les causes liées à la protection de l’environnement, à la sensibilisation et à la mobilisation citoyenne ». L’ATJ2E estime que sa disparition constitue « une perte considérable pour le mouvement environnemental et pour tous les acteurs qui œuvrent au quotidien en faveur d’un environnement mieux protégé ».

Le parcours de Séna Alouka s’est largement confondu avec celui de JVE, organisation créée au Togo en 2001 autour de l’engagement de jeunes pour la défense de l’environnement. Sous son impulsion, le mouvement s’est progressivement développé au-delà des frontières togolaises et s’est impliqué dans des questions liées à l’agroécologie, à la justice climatique, à la biodiversité, aux droits des communautés et à l’adaptation au changement climatique. Des documents internationaux présentent JVE comme une organisation tournée vers la conservation de la biodiversité, l’écocitoyenneté, la lutte contre les changements climatiques et la défense des droits communautaires.

Séna Alouka avait notamment porté la voix des communautés vulnérables dans les débats sur les conséquences du changement climatique. En 2021, lors du lancement à Daoudè, dans la préfecture d’Assoli, d’un projet consacré à la gestion des inondations, de la sécheresse et à l’alerte précoce, il expliquait que le canton avait été choisi en raison des importantes inondations et sécheresses qui avaient, par le passé, affecté les ménages.

Son engagement s’était également prolongé sur les grandes scènes internationales consacrées au climat. En 2025, à l’occasion des 24 ans de JVE, l’organisation revendiquait 30 sections nationales sur le continent et plus de 20 000 volontaires. Séna Alouka avait alors continué de défendre une participation accrue de la jeunesse africaine aux politiques climatiques et environnementales.

Au Togo, où les enjeux environnementaux sont devenus de plus en plus présents dans les politiques publiques, entre adaptation aux événements climatiques extrêmes, protection des terres et développement de l’agroécologie, son action aura contribué à installer ces questions dans le débat citoyen. Son décès ouvre désormais une période de deuil pour les membres et partenaires de JVE, mais aussi pour une génération d’acteurs associatifs qui l’ont côtoyé dans ce combat.

Dans son message, l’ATJ2E adresse ses « pensées les plus sincères » à la famille du défunt, à ses proches, à ses collègues ainsi qu’à toute la communauté de JVE Togo, durement éprouvés par cette disparition. L’association leur témoigne « sa solidarité et sa profonde compassion ».

« Que la terre lui soit légère et que son âme repose en paix », conclut le Bureau exécutif de l’ATJ2E.

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