Une vingtaine de ressortissants togolais établis en Afrique du Sud ont regagné Lomé, dimanche 30 août 2026, dans le cadre d’une opération de retour volontaire prise en charge par l’État togolais. Leur retour intervient dans un contexte marqué par des difficultés de séjour et une recrudescence des tensions visant des ressortissants étrangers dans certaines régions sud-africaines.
À leur arrivée à l’Aéroport international Gnassingbé-Eyadéma de Lomé, les bénéficiaires du dispositif ont été accueillis par Senamé Gbenouga, directeur de cabinet, représentant le ministre délégué chargé de la Coopération et des Togolais de l’extérieur.
Selon la communication officielle togolaise, cette opération a été mise en place sur instruction du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, afin de permettre aux Togolais qui le souhaitent de regagner leur pays « de manière volontaire et sécurisée ». Elle vise notamment les ressortissants confrontés à des situations de vulnérabilité en Afrique du Sud, où certains rencontrent des difficultés pour obtenir ou renouveler leurs titres de séjour.
Le retour de ces Togolais intervient alors que l’Afrique du Sud fait face depuis plusieurs mois à de nouvelles tensions autour de la présence de migrants africains. En avril et mai 2026, plusieurs incidents et manifestations visant des ressortissants étrangers ont suscité des réactions de plusieurs pays africains. Le Ghana a notamment demandé que la question des attaques xénophobes en Afrique du Sud soit examinée par l’Union africaine. Pretoria, tout en reconnaissant des incidents impliquant des immigrés, a rejeté l’idée d’une politique officielle de xénophobie et affirmé avoir demandé aux forces de sécurité de protéger les ressortissants étrangers.
La crise a également conduit Accra à organiser le retour de plusieurs centaines de ses ressortissants. En mai, le président ghanéen John Dramani Mahama avait approuvé l’évacuation de 300 Ghanéens enregistrés auprès de la Haute Commission du Ghana à Pretoria. Le gouvernement ghanéen avait ensuite conseillé à ses ressortissants d’éviter les déplacements non essentiels vers l’Afrique du Sud.
Plus récemment, le Ghana a refusé une proposition de 20 millions de cédis ghanéens (GH¢20 millions) formulée par MTN Ghana pour soutenir les victimes ghanéennes des attaques. Le ministère ghanéen des Affaires étrangères a expliqué que les ressources nécessaires à l’évacuation et à la réintégration des ressortissants concernés avaient déjà été mobilisées par l’État.
