Un nouveau drame bouleverse la banlieue dakaroise. À Jaxaay, dans la commune de Parcelles Assainies, une affaire d’abus sexuels présumés sur mineurs suscite une vive émotion après la mise en cause d’un ressortissant ghanéen, identifié comme E. Aboutsi. Selon les premiers éléments de l’enquête, neuf enfants ont été recensés comme victimes, un bilan encore provisoire qui pourrait évoluer.
Parmi les parents touchés, Aminata Diallo, mère de I. Diallo, âgé de 9 ans, raconte une scène qui a plongé tout un quartier dans la stupeur. Alertée par des informations sur la présence de son enfant dans un immeuble de type R+3 situé à l’unité 15, elle parcourt près de trois kilomètres avant d’arriver sur les lieux avec d’autres parents. « Nous avons toqué, un enfant a ouvert », confie-t-elle au journal L’Observateur. « Nous avons alors aperçu l’un des enfants assis sur les genoux du Ghanéen. Mon fils avait la culotte baissée jusqu’aux genoux. Il y avait plusieurs autres enfants occupés à jouer à la PlayStation. »
Face à cette scène, la mère s’effondre. À son réveil, c’est toute la gravité de la situation qui s’impose. La panique gagne rapidement le quartier Baye Niass, où plusieurs familles décident de conduire leurs enfants à l’hôpital de Keur Massar pour des examens médicaux.
Le témoignage de Housseynatou Barry, ressortissante guinéenne vivant au quartier Aladji Pathé, illustre l’ampleur du traumatisme. Son fils de 7 ans figure également parmi les victimes. « Le médecin a décelé plusieurs déchirures anales chez mon enfant », rapporte-t-elle, toujours à L’Observateur. « Je souffre pour mon petit. Déjà, il a une pathologie cardiaque qu’il traîne depuis sa naissance et voilà que cette affaire est venue s’y ajouter. »
Selon les informations disponibles, le suspect serait installé à Jaxaay depuis 2022, ce qui laisse craindre un nombre de victimes plus élevé que les neuf cas actuellement identifiés. L’enquête se poursuit pour déterminer l’ampleur réelle des faits et identifier d’éventuelles autres victimes.
Dans ce contexte, les familles oscillent entre colère, inquiétude et attente de justice. Un élément, toutefois, apporte une relative accalmie : « Le test de séropositivité effectué sur le prédateur est revenu négatif », indique L’Observateur.
Le mis en cause devait être présenté devant le procureur du tribunal de Pikine/Guédiawaye, une étape clé dans une procédure judiciaire très attendue par les familles.
