Togo : 60,5 millions de dollars décaissés par le FMI mais avec de lourdes conséquences

Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé, fin juin, un nouveau décaissement de 60,5 millions de dollars en faveur du Togo, soit 44 millions de droits de tirage spéciaux (DTS). Cette somme, destinée à soutenir le budget national, entre dans le cadre de l’accord triennal signé sous la Facilité élargie de crédit (FEC).

Depuis mars 2024, ce sont au total 188,21 millions de dollars, soit environ 112,93 milliards de francs CFA, que le gouvernement togolais a perçus dans ce cadre. Mais derrière ces chiffres flatteurs se cache une réalité plus amère : un endettement croissant, des mesures d’austérité annoncées et une pression fiscale qui risque d’étrangler encore davantage les citoyens.

Les chiffres qui parlent

Selon le FMI, les performances économiques du Togo sont globalement positives. Le pays a enregistré une croissance de 5,3 % en 2024, avec des projections de 5,2 % en 2025 et de 5,5 % par an à moyen terme. L’inflation est retombée à 2,6 % en avril 2025. Le gouvernement a également réussi à accroître les recettes fiscales, conformément aux engagements pris. Mais les progrès en matière d’assainissement des finances publiques sont jugés « plus lents que prévu », en raison d’opérations budgétaires opaques qui ont conduit à une accumulation de dette plus rapide que souhaitée.

Une lourde contrepartie ?

Dans ses exigences, le FMI impose une série de réformes sensibles. L’institution appelle à la privatisation de l’Union togolaise de banque (UTB), dernière banque publique du pays, à une hausse des taxes et à la suppression progressive des subventions sur les carburants. Les prix du carburant, déjà sous tension, pourraient donc connaître une nouvelle flambée. Le FMI exige également des augmentations tarifaires sur l’eau et l’électricité, déjà sources de mécontentement populaire, afin de garantir leur rentabilité économique.

La déclaration de patrimoine, une priorité

Au nom de la transparence, le FMI demande la publication d’une évaluation diagnostique de la gouvernance togolaise, ainsi qu’un alignement des obligations de déclaration de patrimoine des responsables publics sur les standards internationaux. Autrement dit, un audit de la gouvernance sous Faure Gnassingbé est exigé, tout comme un contrôle accru de la fortune des personnalités politiques.

L’une des exigences les plus lourdes concerne la réduction de la dette publique, actuellement estimée à 69,16 % du PIB. Le FMI réclame son abaissement à moins de 55 % d’ici à 2027. Ce redressement suppose des coupes budgétaires sévères, des hausses d’impôts et la fin de certains soutiens sociaux. À Lomé comme dans les régions, les inquiétudes montent. Pour de nombreux observateurs, ce plan risque d’aggraver la précarité et de fragiliser davantage un tissu social déjà éprouvé.

« Le cauchemar du peuple togolais ne fait que commencer », préviennent certains acteurs de la société civile, qui dénoncent une fuite en avant du régime. À leurs yeux, le président Faure Gnassingbé gouverne par endettement, au détriment des générations futures. Alors que le pays fait face à la menace sécuritaire au nord et à un contexte électoral sous tension, la perspective d’une austérité renforcée pourrait devenir une nouvelle source d’instabilité.

De son côté, le pouvoir se félicite de la confiance du FMI.

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