Le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Depuis juillet, le pays traverse une pénurie critique de poches de sang, un déficit qui met en péril la prise en charge des urgences médicales, des accouchements compliqués, des malades drépanocytaires et des patients nécessitant des interventions chirurgicales. À l’échelle nationale, le manque de sang a déjà coûté la vie à environ 16 000 personnes, selon les chiffres officiels, relayés par le confrère AfreePress.
Malgré l’appel lancé lors de la Journée mondiale du donneur de sang, le 14 juin dernier, la situation ne s’est pas améliorée. Pour tenter d’inverser la tendance, le CNTS a lancé une campagne nationale de collecte, du 15 au 30 août 2025, avec pour slogan : « Ensemble, faisons d’août un mois solidaire : je donne mon sang, je sauve des vies ». « Donner son sang, c’est sauver des vies. Il ne faut pas attendre d’être concerné pour agir », insistent les responsables du centre, qui rappellent qu’un geste aussi simple peut faire la différence pour des milliers de familles.
Afin de faciliter les dons, des sites de collecte ont été installés à Lomé au siège du CNTS, ainsi qu’à Kpalimé, Atakpamé et Afagnan, dans les Postes de collecte et de distribution (PCD). Toute personne âgée de 18 à 60 ans, en bonne santé et pesant au moins 50 kilos est éligible. Un seul don, rappellent les médecins, peut sauver plusieurs vies : celles d’une femme enceinte en hémorragie, d’un enfant hospitalisé, d’un patient dialysé ou encore d’un blessé de la route.
L’institution insiste sur un fait essentiel : le sang ne se fabrique pas, il ne provient que de la solidarité humaine. Sans une mobilisation constante des citoyens, les stocks restent fragiles et les hôpitaux, vulnérables. En juin dernier, le CNTS s’était fixé l’objectif ambitieux de collecter 52 000 poches d’ici fin 2025. Mais la tendance est loin d’être rassurante : en 2024, seuls 70 000 prélèvements avaient été effectués, soit une baisse de 16 % par rapport aux besoins réels, laissant 16 000 patients sans transfusion vitale.
Dans un pays où la mortalité maternelle et infantile reste l’un des défis majeurs du système de santé, cette crise résonne comme un signal d’alarme. Les autorités sanitaires multiplient déjà les campagnes de sensibilisation, mais l’implication citoyenne demeure décisive. « Le sang, c’est la vie. Si chacun donne ne serait-ce qu’une fois par an, le Togo ne connaîtra plus de rupture », affirme un personnel de santé.
Le CNTS invite donc l’ensemble des Togolais à répondre massivement à l’appel. Les volontaires peuvent obtenir plus d’informations ou se signaler gratuitement via le numéro vert 8214.
