Crise dans le secteur bancaire : le Synphot s’invite dans la bataille

Le bras de fer social qui secoue actuellement le secteur bancaire et des assurances au Togo prend une nouvelle dimension. Dans un communiqué rendu public le 25 août, le Syndicat National des Praticiens Hospitaliers du Togo (SYNPHOT) a exprimé une solidarité rare et remarquée avec ses homologues du secteur financier, dénonçant des « atteintes graves aux droits fondamentaux des travailleurs ».

Le syndicat médical s’insurge contre le licenciement de 42 employés de Sunu Bank, dont le Secrétaire général du SYNBANK, ainsi que contre les poursuites judiciaires visant les délégués du personnel d’Ecobank Togo. Pour le SYNPHOT, ces décisions constituent une violation flagrante des Conventions n°87 et 98 de l’Organisation internationale du travail (OIT), relatives à la liberté syndicale et au droit à la négociation collective, toutes deux ratifiées par le Togo.

« Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces pratiques qui s’apparentent à une remise en cause du droit syndical dans notre pays », souligne le communiqué. En apportant un soutien « total et agissant » au SYNBANK et au SYNASSUR, le syndicat de la santé appelle à privilégier urgemment le dialogue social et salue la médiation gouvernementale en cours.

Cette prise de position interprofessionnelle illustre l’ampleur de la crise et la convergence des luttes. Dans un contexte économique marqué par des tensions sociales récurrentes, voir des praticiens hospitaliers voler au secours des employés de banque et d’assurance révèle un sentiment de menace généralisée pesant sur les droits des travailleurs. « Ce n’est pas seulement le sort d’un secteur qui se joue, mais celui de l’ensemble du mouvement syndical togolais », commente un observateur de la scène sociale.

Le climat reste tendu. SYNBANK et SYNASSUR ont annoncé une grève de 72 heures les 24, 25 et 26 septembre si aucune avancée significative n’est enregistrée. De son côté, le gouvernement, conscient du risque de paralysie d’un secteur stratégique pour l’économie nationale, multiplie les consultations pour tenter de désamorcer la crise.

À mesure que la date de la grève approche, la pression monte. La mobilisation intersyndicale qui se dessine pourrait transformer ce conflit sectoriel en une bataille sociale majeure, testant la capacité de l’État à préserver à la fois le climat des affaires et le respect des droits des travailleurs.

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