Le Togo fait de nouveau face à une alerte sanitaire liée à la poliomyélite. Un cas a été officiellement confirmé le vendredi 20 février 2026 dans le district sanitaire de Mô, au sein de la région Centrale, selon un communiqué du Ministère de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances. Immédiatement après la confirmation, des investigations épidémiologiques ont été engagées afin d’identifier d’éventuels cas contacts et prévenir toute propagation du virus dans cette zone à forte vulnérabilité sanitaire.
Située dans une aire géographique enclavée, la préfecture de Mô cumule depuis plusieurs années des défis structurels liés à l’accès aux soins, aux infrastructures sanitaires et à l’approvisionnement en eau potable. Des facteurs qui favorisent la circulation des maladies évitables par la vaccination, notamment chez les enfants, principale cible de la poliomyélite. Hautement contagieuse, la maladie se transmet par voie oro-fécale, à travers l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés ou par contact avec des surfaces souillées, et peut entraîner une paralysie irréversible d’un ou de plusieurs membres.
Cette confirmation intervient dans un contexte régional marqué par la vigilance accrue des autorités sanitaires ouest-africaines face aux résurgences sporadiques de poliovirus circulants dérivés de souches vaccinales, régulièrement signalées dans certains pays voisins. Au Togo, plusieurs campagnes nationales de vaccination ont été menées ces dernières années pour maintenir le statut d’élimination du poliovirus sauvage, mais les zones rurales et difficiles d’accès restent exposées aux ruptures de couverture vaccinale.
Face à la situation, le gouvernement annonce des mesures d’urgence articulées autour du renforcement de la vaccination contre la poliomyélite, aussi bien en routine qu’à travers des campagnes ciblées entièrement gratuites, de l’intensification de la sensibilisation communautaire et de la prise en charge médicale du cas confirmé assortie d’un suivi étroit des personnes contacts. Les équipes sanitaires ont été déployées à différents niveaux du système de santé pour accompagner les communautés locales et contenir tout risque de transmission.
La ministre de la Santé, Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi, appelle les populations, particulièrement celles de la préfecture de Mô, à une vigilance renforcée. Elle insiste sur des gestes préventifs essentiels : vaccination systématique des enfants, lavage régulier des mains avec de l’eau propre et du savon, consommation exclusive d’eau potable, protection des aliments, lavage soigneux des fruits et légumes et utilisation des latrines pour l’élimination des déchets humains.
