Face aux défis persistants de financement auxquels sont confrontées les collectivités territoriales, l’Agence Nationale de Formation des Collectivités Territoriales (ANFCT) anime, une importante série d’ateliers de formation destinés aux acteurs communaux de la décentralisation. Placée sous le thème « Mobilisation des ressources financières », cette initiative vise à renforcer les capacités des élus locaux et du personnel administratif afin d’améliorer la mobilisation et la gestion des ressources financières au niveau communal.
La question du financement des collectivités territoriales demeure aujourd’hui au cœur du processus de décentralisation au Togo. Depuis l’instauration du principe de décentralisation dans la Constitution togolaise, les communes se sont vu confier davantage de responsabilités dans la gestion du développement local. Cette autonomie accrue implique cependant la nécessité de disposer de ressources suffisantes pour assurer aussi bien le fonctionnement des services municipaux que la réalisation des investissements indispensables au bien-être des populations.
Dans plusieurs communes, la mobilisation des recettes locales reste confrontée à diverses difficultés. Faible recouvrement des taxes et impôts locaux, maîtrise insuffisante des textes réglementaires, capacités techniques limitées de certains acteurs ou encore accès restreint aux financements extérieurs figurent parmi les obstacles qui freinent l’action des collectivités.
C’est pour répondre à ces défis que l’ANFCT entend renforcer les compétences des différents intervenants de la gouvernance locale. L’objectif général de la formation est de doter les acteurs communaux de compétences pratiques leur permettant de mieux identifier, mobiliser et gérer les ressources financières disponibles.
Plus spécifiquement, les sessions vont permettre de clarifier le cadre juridique et réglementaire applicable à la mobilisation des ressources financières communales, de présenter les différentes catégories de ressources internes et externes accessibles aux collectivités, d’expliquer les procédures de mobilisation des recettes fiscales et non fiscales ainsi que les mécanismes de recherche de financements extérieurs. Les participants seront également sensibilisés à leurs rôles et responsabilités dans ce processus stratégique.
Trois modules au programme
Le programme de formation s’articule autour de trois principaux modules. Le premier porte sur le cadre juridique ainsi que les ressources financières des collectivités territoriales. Le deuxième est consacré aux attributions, à l’organisation et au fonctionnement des régies de recettes. Quant au troisième module, il aborde les procédures pratiques de mobilisation des ressources financières.
L’ANFCT mise sur une approche participative basée sur l’andragogie. Les ateliers alterneront exposés, travaux de groupes, échanges d’expériences et partage de bonnes pratiques. Un mécanisme d’évaluation avant et après la formation permettra de mesurer les acquis des participants.
Un accompagnement post-formation est également prévu afin de favoriser l’application effective des connaissances acquises dans les communes.
Cette formation conduite par le consultant principal et inspecteur central du Trésor, Bouraïma Idrissou, a pour objectif d’outiller davantage les communes afin qu’elles puissent améliorer leur capacité de recouvrement et financer plus efficacement leurs projets de développement.
« Le constat est que nos collectivités ont des difficultés à maximiser le recouvrement de leurs ressources. Il était donc nécessaire de renforcer leurs capacités afin de financer les projets de développement au profit des communautés », a-t-il expliqué.
Le formateur a toutefois tenu à rappeler qu’une mobilisation accrue des recettes ne saurait être dissociée d’une gestion rigoureuse des fonds publics.
« On ne peut pas parler de mobilisation sans faire un clin d’œil à la gestion. Il y aura également un accent sur la gestion efficace et efficiente de ces ressources au profit des populations », a-t-il précisé.
Animée par une équipe de quatre experts, cette session de formation intervient dans un contexte où le gouvernement multiplie les initiatives destinées à consolider la décentralisation et à renforcer les capacités des collectivités territoriales. Pour les participants, l’enjeu dépasse la simple collecte des recettes : il s’agit de donner aux communes les moyens financiers nécessaires pour répondre aux aspirations des citoyens et faire de la gouvernance locale un véritable moteur du développement à la base.
Plus de 800 acteurs concernés
Le programme cible un large éventail d’acteurs de la gouvernance locale. Les maires, secrétaires généraux, présidents et rapporteurs des commissions des finances, receveurs municipaux, responsables administratifs et financiers, régisseurs ainsi que les agents chargés du recouvrement ont été mobilisés. Des représentants de l’ANFCT et des consultants-formateurs prennent également part aux sessions.
A l’ouverture des travaux de l’atelier à Tsévié, pour le compte de la région maritime, le préfet de Zio, M. Gadewa Mawena a insisté sur l’importance de cette session qui vise notamment à clarifier le cadre juridique et réglementaire de la mobilisation des ressources communales, à présenter les différentes catégories de recettes mobilisables et à renforcer la compréhension des rôles des différents acteurs impliqués dans ce processus.
Même son de cloche du côté du maire de la commune Zio 1, Dr Atatsi Ayawo, qui a noté que « Les attentes des populations en matière d’infrastructures, de services sociaux de base et de développement local sont de plus en plus importantes alors que nous avons des difficultés à mobiliser les ressources financières nécessaires », a-t-il déclaré.
« Face à cette réalité, il devient indispensable de maîtriser les mécanismes et les stratégies permettant d’accroître les recettes locales, d’optimiser leur recouvrement et d’explorer de nouvelles opportunités de financement », a-t-il ajouté.
Durant les trois jours de travaux, du 2 au 4 juin 2026, les élus locaux et cadres communaux auront ainsi l’occasion d’échanger sur les bonnes pratiques, de partager leurs expériences et d’acquérir de nouveaux outils pour relever l’un des défis majeurs de la décentralisation togolaise : financer durablement le développement local.
