Depuis la fin de l’année 2025 et le début de 2026, un climat d’inquiétude s’installe progressivement au Togo, alimenté par une recrudescence de signalements d’enlèvements, de tentatives de rapt, de disparitions inexpliquées et de braquages, notamment dans la capitale Lomé et ses environs. Sur les réseaux sociaux, les témoignages se multiplient, évoquant des faits impliquant des enfants, des étudiants, des conducteurs de taxi-motos et d’autres personnes vulnérables, contribuant à renforcer un sentiment d’insécurité généralisé au sein de la population.
Ces dernières semaines, plusieurs messages faisant état d’enfants portés disparus ou de jeunes soudainement introuvables ont largement circulé. Si toutes ces informations n’ont pas été confirmées par des sources officielles, leur fréquence et leur diffusion rapide nourrissent une psychose collective. Des parents s’alarment, des établissements scolaires appellent à la vigilance et des citoyens réclament un renforcement visible des dispositifs de sécurité. Les cibles évoquées dans ces récits vont des enfants aux adolescents, en passant par des adultes, laissant planer le doute sur l’existence de réseaux organisés ou de faits isolés encore mal documentés.
Parallèlement à ces inquiétudes liées aux enlèvements, les braquages continuent de rythmer l’actualité sécuritaire à Lomé. Dans plusieurs quartiers de la périphérie, notamment à l’ouest de la capitale, les agressions ciblant les conducteurs de taxi-motos, communément appelés « zémidjans », restent fréquentes. Face à cette situation, les forces de sécurité tentent de reprendre la main. La Police nationale togolaise a ainsi annoncé, lundi 02 février 2026, l’arrestation de trois individus soupçonnés d’être impliqués dans une série de braquages et de vols de motos dans la banlieue ouest de Lomé.
Les interpellations ont eu lieu dans la nuit du 2 février 2026, à l’issue d’une patrouille de routine au carrefour Wognomé, une zone régulièrement citée pour des faits d’insécurité. Les suspects, identifiés par les initiales K. Donn, A. Koffi et D. Yao, circulaient de manière jugée suspecte par les forces de l’ordre. La fouille opérée lors de leur arrestation a permis de découvrir une machette ainsi qu’une quantité importante de poudre de piment, souvent utilisée comme substance irritante lors des agressions. Des perquisitions menées ultérieurement à leur domicile ont conduit à la saisie d’autres éléments considérés comme compromettants par les enquêteurs.
Selon les premiers éléments de l’enquête, ces trois hommes seraient impliqués dans plusieurs attaques ciblant principalement des conducteurs de taxi-motos. Leurs activités s’étendaient à des quartiers tels que Yokoè, Amadahomé, Wognomé, Sagbado, Awatamé et Adidogomé-Adroukpankpé, des zones caractérisées par des axes secondaires peu éclairés et une faible présence sécuritaire nocturne. Le mode opératoire décrit par la police révèle une certaine organisation : les victimes étaient attirées vers des lieux isolés, souvent tard dans la nuit, sous couvert d’une course ordinaire, avant d’être agressées à l’arme blanche ou neutralisées à l’aide de poudre de piment projetée au visage. Les motos étaient ensuite emportées, parfois avec l’appui de complices chargés de surveiller les environs ou de faciliter la fuite.
Les services de sécurité évoquent des techniques de guet-apens laissant supposer l’existence d’un réseau structuré, dont tous les membres n’ont pas encore été identifiés. Les trois suspects devraient être présentés prochainement devant le Procureur de la République pour répondre notamment des faits de vol aggravé et d’association de malfaiteurs, tandis qu’une enquête approfondie se poursuit pour mesurer l’ampleur réelle de leurs activités et interpeller d’éventuels complices encore en cavale.
Au-delà de ces arrestations ponctuelles, la situation actuelle pose avec acuité la question des défis sécuritaires auxquels le Togo est confronté. Entre l’urbanisation rapide, la précarité économique, le chômage des jeunes et la porosité de certains quartiers périphériques, les facteurs de vulnérabilité s’accumulent. Les autorités sont désormais attendues sur des réponses structurelles, allant du renforcement de la présence policière et de l’éclairage public à l’amélioration du renseignement de proximité et à la collaboration avec les populations locales.
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants, la capacité de l’État togolais à prévenir les enlèvements, à démanteler durablement les réseaux criminels et à restaurer la confiance des citoyens demeure un enjeu central. La multiplication des patrouilles et les arrestations annoncées constituent un signal, mais elles devront s’inscrire dans une stratégie plus globale, combinant prévention, répression ciblée et réponses sociales, afin de contenir durablement l’insécurité et rassurer des Togolais de plus en plus préoccupés par leur sécurité quotidienne.
