Le 30 septembre 2025 a marqué le lancement au Togo du Projet African Youth Pathways to Resilience and Systems Change (AYPReS) en français (Les voix vers la résilience et le changement systématique pour la jeunesse africaine), à travers un atelier technique regroupant une soixantaine de parties prenantes à l’hotel Sarakawa.
Organisé par le Partnership for African Social and Governance Research (PASGR) en collaboration avec la Fondation MasterCard, ce projet se décline en une étude qui rassemble les principales parties prenantes issues des ministères, départements et agences gouvernementaux, du monde académique, de la société civile dirigée par les jeunes, des organisations non gouvernementales, du secteur privé, des syndicats, ainsi que des jeunes femmes et hommes, des réfugiés, des personnes en situation de handicap, des jeunes travaillant dans le secteur informel, ainsi que d’autres organisations.
L’objectif général de cet atelier est de créer un cadre de collaboration entre les chercheurs et les différents acteurs impliqués dans l’emploi des jeunes, élément essentiel pour faciliter le déploiement du programme de recherche African Youth Pathways to Resilience and Systems Change (AYPRES) au Togo.
Selon la Banque Africaine du Développement, 60% de la population africaine a moins de 25 ans. D’ici à 2050, la population du continent, qui était environ 1,2 milliard d’habitants en 2017, devrait plus que doubler et représenter le quart de la population mondiale. L’Afrique restera la région la plus jeune au monde, avec une population d’âge médian inférieur à 25 ans. Elle comptera plus de 830 millions de jeunes sur le marché du travail d’ici 2050 selon les estimations de la Banque mondiale.
Ces chiffres pris sans anticipation constituent une bombe à retardement, car la majorité des jeunes africains n’ont ni emploi stable ni perspectives d’avenir économiques. Le manque d’emplois salariés accule les jeunes vers le secteur informel, aux emplois moins stables et moins payés avec son corollaire de difficultés non sans conséquences également sur la gent féminine.
La création d’emplois pour les jeunes en Afrique est donc cruciale et constitue l’une des questions les plus pressantes pour les gouvernements, les entreprises, mais aussi les organisations internationales.
D’où le bien fondé du projet AYPRES, un programme de recherche sur l’emploi des jeunes dans dix (10) pays africains dont le Togo à savoir le Benin, la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie, le Ghana, le Kenya, le Nigeria, l’Ouganda, le Rwanda et le Sénégal.
Il sera question au cours de l’atelier de mener la réflexion autour des thématiques liées à l’emploi et à l’entrepreneuriat des jeunes, notamment ceux du secteur informel, les femmes rurales, les personnes vivant avec handicap, les réfugiés et déplacés internes.
Selon le chercheur principal pays du programme AYPRES au Togo, le professeur Amadou Akilou, l’objectif principal de ce programme de recherche est « de fournir des données scientifiques sur les facteurs qui favorisent la résilience des jeunes et sur la manière dont ils peuvent contribuer efficacement à la création de programmes, de politiques et de pratiques adaptés, qui favorisent un accès efficace et durable des jeunes à un travail digne et épanouissant ».

Le programme AYPRES vise à produire des données probantes sur les déterminants de la résilience des jeunes et à comprendre comment leurs expériences vécues, leurs voix et leurs points de vue sur la durabilité et le changement systémique peuvent orienter des politiques et programmes plus efficaces, inclusifs et durables, promouvant un travail digne et épanouissant.
Pour atteindre pleinement ses objectifs, le programme AYPRES va s’appuyer sur les résultats du programme African Youth and Resilience (AYAR), mis en œuvre dans sept pays entre 2021 et 2024 qui a exploré les aspirations des jeunes femmes et hommes africains, leurs perspectives sur le travail décent et épanouissant. Toutefois, le programme AYAR n’a pas pleinement intégré les perspectives des groupes marginalisés, notamment les réfugiés et personnes déplacées (RPD), les personnes en situation de handicap (PSH), les jeunes femmes rurales, les jeunes en situation d’informalité c’est-à-dire dans le secteur ou l’économie informelle, ou dans des établissements informels), ainsi que les jeunes travaillant dans des entreprises soutenues par la Fondation Mastercard. Un fait qui sera corrigé par le programme AYPRES.
La recherche sera fondée sur l’approche Utafiti Sera développée par le PASGR. Utafiti Sera est une expression swahilie qui signifie « politique de recherche ». À travers cette approche, le PASGR met en place des plateformes (communautés de politiques basées sur la recherche) visant à utiliser les données probantes issues de la recherche pour informer et améliorer les processus et résultats des politiques publiques.
Cette approche garantit que les liens entre politiques existantes et données probantes soient explorés, que les lacunes soient identifiées, que de nouvelles données soutenant les politiques et les programmes soient produites, et qu’une démarche de compromis négocié soit adoptée pour combler l’écart entre la recherche et la politique, dans une logique d’interaction multi-acteurs.
