Le renforcement de la participation des femmes handicapées dans la gouvernance locale demeure une préoccupation majeure pour l’Association des Filles et Femmes Handicapées Vaillantes de la région des Savanes (A2FHV-S). Vendredi 13 mars 2026, l’organisation a officiellement lancé à la Maison des jeunes de Tandjoaré, le projet intitulé « Plaidoyer pour le renforcement de la participation des femmes handicapées dans la gouvernance locale ». L’évènement a été présidé par le secrétaire général de la préfecture de Tandjoaré, représentant le préfet, Darpak Souk ;
Face aux discriminations liées au handicap, aux violences basées sur le genre, à la marginalisation familiale et communautaire des personnes handicapées, à leur faible représentation dans les instances de prise de décision et à leur accès limité à la mobilité, à l’emploi et aux opportunités économiques dans la région des Savanes, l’A2FHV-S a initié ce projet avec le soutien financier du Disability Rights Fund (DRF).
L’objectif principal est de renforcer la participation des femmes handicapées dans les instances décisionnelles à travers un plaidoyer inclusif fondé sur les droits des personnes handicapées.
Le lancement officiel du projet a été couplé d’une table ronde réunissant élus locaux, leaders communautaires et religieux, organisations de la société civile et femmes handicapées. Ensemble, ces différents acteurs ont mené des réflexions approfondies sur les obstacles à l’origine de la faible représentation des femmes handicapées dans les instances de prise de décision. Au cours des échanges, la non-scolarisation des personnes handicapées, souvent perçues comme une honte par certaines familles, a été évoquée à plusieurs reprises comme l’un des principaux freins à leur autonomisation et à leur participation à la vie publique.
Pour atténuer ce problème, les participants se sont engagés à identifier les personnes vivant avec un handicap, à sensibiliser leurs parents et à encourager leur scolarisation afin de leur permettre de contribuer pleinement au développement du pays.
En lançant officiellement les activités du projet au nom du préfet de Tandjoaré, le secrétaire général de la préfecture de Tandjoaré, Darpak Souk, a exprimé sa reconnaissance à l’A2FHV-S pour l’intérêt qu’elle accorde à la préfecture dans la mise en œuvre de ses initiatives en faveur des personnes handicapées. Il a également rassuré de la disponibilité des autorités administratives à accompagner ce projet qui entre dans la ligne droite des orientations de la feuille de route gouvernementale.
Auparavant, le premier adjoint au maire de la commune de Tandjoaré 1, Augustin Laré Kombaté, représentant le maire, a salué les efforts de l’association visant à améliorer les conditions de vie des femmes et filles handicapées de la commune. Il a invité l’ensemble des acteurs impliqués à faire preuve d’engagement et de détermination pour atteindre les objectifs fixés.
Pour la directrice de l’A2FHV-S, madame Françoise Dogomangue, les attentes sont grandes. Elle nourrit l’ambition de voir dans les années à venir, des femmes handicapées accéder à des postes de responsabilité.
« Il était important pour nous de mener ce plaidoyer auprès des autorités afin de permettre à nos sœurs vivant avec un handicap d’être impliquées dans les instances de décision. Pourquoi ne pas voir, lors des prochaines élections municipales dans la commune de Tandjoaré 1, une femme handicapée élue locale, voire maire ? », a-t-elle déclaré.
Plusieurs activités sont prévues dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet dont la durée est fixée à douze mois. Les actions de renforcement des capacités concerneront notamment les membres de l’A2FHV-S, les élus locaux, les leaders communautaires et religieux, les organisations de la société civile ainsi que les bénéficiaires directes que sont les femmes et filles handicapées.
Abdoulaye KAM

