Education : un scandale pédagogique mis à nu dans la Maritime

Le Directeur régional de l’éducation de la Maritime, Kokou Aholou, est monté au créneau pour dénoncer des pratiques qu’il juge graves et contraires aux règles pédagogiques en vigueur dans certains établissements de la région. Dans une note rendue publique mardi, le responsable éducatif tire la sonnette d’alarme sur la gestion et la correction des copies de devoirs et de compositions, un maillon central du système d’évaluation des élèves.

Selon Kokou Aholou, les services de la direction régionale sont régulièrement saisis de signalements faisant état de comportements préoccupants. « Certains enseignants s’abstiennent de corriger les copies des élèves, allant parfois jusqu’à attribuer des notes sans évaluation réelle sur les bulletins scolaires », révèle-t-il, évoquant une pratique qui remet en cause la crédibilité même des résultats scolaires.

Le constat est d’autant plus alarmant que, dans certains cas, des copies seraient confiées à des élèves, qu’ils soient de classes supérieures, de même niveau ou même de classes inférieures, pour être corrigées. Des méthodes que le Directeur régional qualifie sans détour d’anti-pédagogiques et totalement incompatibles avec les exigences d’un enseignement de qualité. « Ces dérives portent directement atteinte au processus d’enseignement, d’apprentissage et d’évaluation. Elles favoriseraient l’augmentation des échecs scolaires et contribueraient également à l’abandon des élèves », a-t-il dénoncé.

Cette sortie intervient dans un contexte national marqué par de vifs débats sur la qualité de l’éducation, alors que le Togo multiplie les réformes pour améliorer les performances scolaires et réduire les taux d’échec et de décrochage. Pour la seule région Maritime, la rigueur dans l’évaluation apparaît comme un enjeu crucial, notamment à l’approche des examens de fin d’année, où la fiabilité des notes conditionne l’orientation et l’avenir de milliers d’élèves.

Face à ces dérives, Kokou Aholou exige l’arrêt immédiat de ces pratiques et prévient que tout enseignant qui persisterait après la diffusion de la note s’exposera aux sanctions prévues par les textes en vigueur. Il instruit également les chefs d’établissement de renforcer le contrôle et le suivi effectif de la correction des copies par les enseignants eux-mêmes, afin de restaurer la transparence et la crédibilité du système.

Désormais, les copies de compositions corrigées et remises aux élèves devront être déposées à la direction des établissements, pour permettre des contrôles inopinés par le corps d’encadrement ou toute autre autorité habilitée. Ces documents pourront également être consultés par les parents ou tuteurs qui en feront la demande, une mesure destinée à renforcer la confiance entre l’école et les familles.

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