Corruption : Donald Trump ‘attrape’ un ancien ministre ghanéen

L’ancien ministre ghanéen des Finances, Ken Ofori-Atta, a été placé en détention par les services américains de l’immigration et des douanes (ICE), une affaire à forte portée politique et judiciaire qui dépasse les frontières du Ghana et interpelle l’ensemble de la sous-région ouest-africaine. Selon un communiqué publié par ses avocats, l’arrestation est intervenue le 7 janvier 2026 en raison de son statut de séjour sur le territoire américain.

« L’ICE a placé en détention l’ancien ministre des Finances, M. Ken Ofori-Atta, en raison de son statut de séjour aux États-Unis. Son équipe juridique américaine est en contact avec l’ICE et espère que cette affaire sera rapidement résolue », précise l’avis public signé par le juge Kusi-Minkah Premo. Les conseils de l’ancien ministre indiquent que leur client travaille actuellement à la régularisation de ses documents migratoires, évoquant une procédure d’« ajustement de statut », mécanisme légal permettant de prolonger un séjour au-delà de la validité initiale d’un visa.

Dans leur communication, les avocats tiennent à souligner que « M. Ofori-Atta est une personne respectueuse des lois » et qu’il « coopère pleinement avec l’ICE afin de résoudre cette affaire dans les meilleurs délais ». Mais derrière ce dossier migratoire se profile une affaire bien plus lourde : au Ghana, Ken Ofori-Atta est le principal suspect de plusieurs enquêtes criminelles pour corruption et mauvaise gestion de fonds publics. Le Bureau du procureur spécial l’a déclaré fugitif, a lancé une procédure d’extradition et obtenu l’émission d’une notice rouge d’Interpol à son encontre.

Les accusations qui pèsent sur l’ancien argentier couvrent plusieurs dossiers sensibles ayant marqué la gouvernance économique récente du Ghana. Elles portent notamment sur les accords contractuels entre Strategic Mobilisation Ghana Limited et l’Autorité fiscale du Ghana pour la sécurisation des recettes dans les secteurs pétrolier et minier ; la résiliation controversée du contrat entre l’Electricity Company of Ghana Limited et Beijing Xiao Cheng Technology (BXC) dans le cadre d’un projet de modernisation du réseau électrique ; ainsi que la passation de marchés, l’achat de matériaux et les paiements liés au très critiqué projet de cathédrale nationale.

S’y ajoutent les activités et paiements relatifs à un contrat du ministère de la Santé portant sur l’acquisition, la maintenance et le service après-vente de 307 ambulances Mercedes-Benz Sprinter 305 CDI destinées au service national d’ambulances, ainsi que la gestion des fonds issus du compte de remboursement d’impôt de l’administration fiscale ghanéenne. Autant de dossiers qui, au Ghana, ont alimenté un vif débat sur la transparence, la responsabilité publique et l’usage des ressources de l’État.

L’arrestation de l’ancien ministre Ken Ofori-Atta aux États-Unis intervient dans un contexte régional où la lutte contre la corruption et l’impunité des élites politiques est de plus en plus scrutée par les opinions publiques. Pour le Togo, cette affaire résonne comme un rappel des enjeux liés à la coopération judiciaire internationale, à l’indépendance des institutions de contrôle et à la crédibilité des politiques de bonne gouvernance, alors que le pays affiche régulièrement son engagement en faveur de la transparence et de la lutte contre les crimes économiques.

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