Editorial : Où sont nos maires ? Le Togo attend, les communes s’essoufflent

Le 17 juillet dernier, nous avons voté. Avec espoir, les urnes ont parlé, les conseillers municipaux sont en place. Mais depuis, l’élection des maires et de leurs adjoints prévue récemment du 17 au 19 septembre 2025 a été reportée sine die, selon une note officielle du ministère de l’Administration territoriale.

Ce report fait suite à trois reprogrammations successives (2–4 septembre, puis 10–12 septembre, puis 17–19 septembre), sans qu’une nouvelle date ne soit fixée.

Cette attente a des conséquences sur la gouvernance : Les conseils municipaux sont en place, mais les maires ne sont pas élus, ce qui empêche la mise en œuvre des projets locaux. Les maires sortants assurent la gestion courante, sans légitimité politique renouvelée un peu comme le gouvernement du Gondwana.

Depuis 2019, le Togo s’est engagé dans un transfert progressif des compétences vers les collectivités locales. Mais ce troisième report de l’élection des maires ralentit cette transition et risque d’éroder la confiance des citoyens et des partenaires au développement.

À Dapaong, nous avons élu nos conseillers, mais sans maire, rien ne bouge”, témoigne un habitant. 

Face à cette inertie, les citoyens ne doivent pas rester spectateurs. Le contrôle citoyen est un droit, mais aussi un devoir. Il ne s’agit pas de surveiller les élus, mais de construire une gouvernance partagée, fondée sur la transparence, la redevabilité et la participation.

Saisissons-nous des outils qui existent comme lesobservatoires citoyens, en organisant des ateliers de suivi municipal, on peut écrire des lettres ouvertes ou encore utiliser les plateformes numériques. Des expériences inspirantes ont vu le jour au Burkina Faso, au Sénégal, ou encore au Bénin. Le Togo peut et doit s’en inspirer.

Nous appelons les autorités à fixer une nouvelle date pour l’élection des maires. Nous appelons les citoyens à s’organiser, à s’informer, à interpeller. Car la démocratie ne s’arrête pas au jour du vote. Elle commence avec l’action. Et cette action, elle doit être locale, visible et concrète.

Dans chaque commune, dans chaque quartier, dans chaque village, il est temps de poser les bases d’une gouvernance active. Il est temps de transformer l’attente en vigilance, et le silence en engagement.

Lexi Vox

Publicité