À Ségbédjikopé, la foi au chevet des mères : les femmes d’Impact Centre Chrétien Agoè Logopé renforcent la case de santé

À Ségbédjikopé, localité confrontée comme beaucoup d’autres au Togo aux fragilités du premier niveau du système sanitaire, la solidarité a pris un visage concret. Pour la troisième fois en un peu plus d’un mois, les femmes de l’église Impact Centre Chrétien (ICC) d’Agoè Logopé ont posé un acte fort en faveur de la case de santé du milieu, traduisant leur foi en engagements durables au service des populations.

Après une première action menée le 15 novembre, marquée par des dons de vivres, de vêtements et de produits d’hygiène, puis une seconde intervention le 20 novembre avec la remise de matelas médicaux et de couvertures destinés à améliorer les conditions d’accueil des patients, les femmes d’ICC sont revenues ce 20 décembre avec un appui jugé décisif par les soignants : du matériel médical essentiel, dont une table d’accouchement et des équipements indispensables au bon déroulement des soins.

À l’origine de cette mobilisation progressive, un constat qui a profondément choqué les donatrices lors de leurs précédentes visites. Les conditions d’accouchement observées à la case de santé ont servi d’électrochoc. « Quand nous avons vu les lits sur lesquels nos sœurs accouchaient, ce n’était pas digne. Nous avons dit : on ne peut pas rester sans agir », témoigne Madame Gbekou Nadia, responsable des femmes d’ICC Agoè Logopé. Une indignation rapidement transformée en action collective.

En quelques jours seulement, les femmes ont réussi à mobiliser les ressources nécessaires pour acquérir et acheminer les équipements. « Tout a été mobilisé par les femmes : le matériel, le transport, le carburant. C’est une œuvre de foi et de sacrifice », insiste Mme Gbekou Nadia. Elle rappelle que cette démarche s’inscrit pleinement dans la vision d’Impact Centre Chrétien, celle d’une église qui se veut actrice du développement local et attentive aux réalités sociales.

Matériel remis au centre

Le choix de la case de santé n’est pas anodin. Dans l’architecture sanitaire togolaise, ces structures constituent le premier recours pour les populations rurales et périurbaines, notamment pour les femmes enceintes. Elles concentrent pourtant de nombreuses insuffisances en équipements et en moyens. En venant renforcer ce maillon essentiel, les femmes d’ICC répondent à une urgence silencieuse mais structurante pour la santé maternelle, un enjeu au cœur des politiques publiques et des débats actuels sur l’amélioration de l’offre de soins de proximité.

Mme Nadia Gbekou

Cette action s’inscrit d’ailleurs dans une dynamique plus large déjà amorcée par le groupe, avec des interventions dans d’autres unités de soins périphériques. Et l’élan ne compte pas s’arrêter à Ségbédjikopé. Les femmes d’ICC annoncent une prochaine étape à Batonou, dans le Bas-Mono, dès janvier prochain, « par la grâce de Dieu », selon leurs mots, confirmant une vision à long terme de leur engagement social.

Sur place, l’émotion et la reconnaissance étaient palpables. Au nom des autorités traditionnelles, du Comité villageois de développement (CVD) et des populations, les responsables de la case de santé ont salué un geste qui change concrètement leur quotidien. « Le lit d’accouchement et la potence étaient un vrai problème pour nous. Aujourd’hui, vous avez essuyé nos larmes. Que Dieu vous bénisse abondamment », a déclaré Aziamegno Abrah Mama, accoucheuse à la case de santé de Ségbédjikopé.

Au-delà des dons matériels, cette initiative pose la question plus large du rôle des organisations confessionnelles dans l’appui aux services sociaux de base au Togo. Dans un contexte où les besoins restent immenses et les ressources publiques souvent limitées, l’engagement citoyen et communautaire apparaît comme un levier complémentaire indispensable.

Matériel remis

À travers ces actions répétées, les femmes de l’église Impact Centre Chrétien – Agoè Logopé démontrent que la foi, lorsqu’elle s’ancre dans le réel, peut devenir un moteur de transformation sociale. « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir », rappellent-elles, convaincues que cette chaîne de solidarité continuera de s’étendre et d’inspirer d’autres initiatives au service du bien-être collectif.

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