Du 16 au 20 juin 2025, la ville de Tsévié, chef-lieu de la région Maritime, a accueilli une formation stratégique destinée aux acteurs régionaux de la décentralisation. Organisé par l’Agence nationale de formation des collectivités territoriales (ANFCT), avec l’appui financier de la Banque mondiale via le Programme de modernisation de l’administration publique pour la délivrance des services (PMADS), cet atelier s’est penché sur un sujet central : l’élaboration et l’exécution des documents budgétaires dans le cadre des finances locales.
À un moment où les conseils régionaux sont encore jeunes, la première vague d’élections ayant eu lieu en 2024, cette initiative vise à combler un vide technique et à prévenir d’éventuelles erreurs de gouvernance financière. En clair, il s’agit d’outiller les élus pour qu’ils exercent leurs nouvelles responsabilités avec rigueur, transparence et efficacité.
« Cette formation a permis d’outiller les conseils régionaux sur l’élaboration et l’exécution des budgets des collectivités territoriales. La plupart des élus n’ont pas encore les compétences pointues nécessaires. Cette formation est venue donc à point nommé », a reconnu Alphonse Agbeko Akladé, 3e vice-président du Conseil régional Maritime. Un constat lucide qui fait écho aux inquiétudes soulevées ces derniers mois par la société civile, qui réclame plus de transparence dans la gestion des ressources locales.

Les modules abordés ont couvert l’ensemble du cycle budgétaire local : du cadre juridique aux principes budgétaires, en passant par la reddition de comptes. Une approche complète, saluée par Bouraïma Idrissou, inspecteur central du Trésor et formateur principal : « Les participants vont non seulement apprendre à élaborer et exécuter un budget, mais aussi à rendre compte à la population et à la Cour des comptes. Les échanges ont été participatifs et pratiques. »

Dans une dynamique de professionnalisation progressive de la gouvernance régionale, l’atelier a permis aux participants de s’exercer sur un avant-projet de budget. « Les régions viennent d’être mises en place. Nous avons des agents que l’Etat a mis à la disposition des régions et il faille les former pour qu’ils puissent être formés. Nous remercions l’ANFCT qui nous a offert cette formation. Nous sommes sortis bien aguerris et très outillés. D’ailleurs nous avons reçu un exercice pratique qui consistait à élaborer un avant avant-projet de budget et nous avons réussi à le faire donc nous réjouissons de cette avancée », s’est réjouie Dotse-Guédé Akou Massan, secrétaire générale du Conseil régional Maritime.
Alors que les collectivités territoriales deviennent des acteurs clés de la politique de développement du pays, cette montée en compétence des élus apparaît comme un levier essentiel pour la réussite de la décentralisation au Togo.
