À Kara, une jeune entreprise entend conjuguer valorisation des produits locaux, alimentation naturelle et entrepreneuriat. Baptisée « Y’Laurier », la structure spécialisée dans la transformation et la commercialisation d’épices et de marinades locales met en avant sa gamme de produits « Lowè » et appelle, dans le même temps, la jeunesse togolaise à oser entreprendre.
Installée à Dongoyo, à environ 60 mètres à l’ouest de l’Agence togolaise de presse (ATOP-Kara), en face de l’école primaire Fraternité de Dongoyo, Y’Laurier est portée par Prénam Bidassa, transformatrice et lauréate du premier prix du concours « Entrepreneurs Connect », organisé par Africa Coworkers et ses partenaires les 19 et 20 août 2026 à Kara.
L’entreprise s’est spécialisée dans la transformation et la commercialisation d’épices et de marinades locales. Sa gamme comprend notamment Lowè Gingembre en poudre, Lowè Ail en poudre, Lowè Piment épicé, Lowè Poivre noir en poudre et Lowè Mélange d’épices. Selon la promotrice, ces produits sont fabriqués à partir d’ingrédients naturels, sans ajout de substances chimiques, et sont déjà commercialisés au Togo ainsi qu’à l’extérieur du pays.
Y’Laurier mise particulièrement sur deux arguments : le caractère local de ses produits et leur positionnement bio. L’entreprise propose également une approche personnalisée : les clients peuvent choisir eux-mêmes les épices qu’ils souhaitent associer, afin d’obtenir un mélange adapté à leurs goûts et à leurs habitudes culinaires.
Outre les épices, la structure commercialise également des arômes naturels, proposés sous différents formats.
Pour Prénam Bidassa, la transformation repose sur un processus qui privilégie la sélection et la préparation des matières premières. « En ce qui concerne le processus, nous trions d’abord soigneusement, séchons et mettons en poudre les épices auxquelles nous associons d’autres astuces naturelles. Ensuite, nous embouteillons ou emballons dans de petits sachets le produit obtenu qui est destiné au marché », explique-t-elle.
Mais au-delà de ses produits, la promotrice veut faire de son parcours un message adressé aux jeunes Togolais. Pour elle, l’entrepreneuriat peut commencer modestement et ne nécessite pas forcément d’importants moyens financiers au départ.
« Il n’y a pas de sous-métier. Même si c’est du simple gingembre mis en poudre, c’est un début d’entreprise. Il ne faut jamais commettre l’erreur de rester chez soi à ne rien faire ou d’attendre toujours de l’aide avant de commencer (…). 100 FCFA peuvent aussi permettre de débuter une affaire. Il ne faut pas toujours espérer le bureau après ses études. Il y a aussi beaucoup d’opportunités dehors. Tous les jeunes ont forcément un petit projet rémunérateur en tête. Je les encourage à se lancer (…). L’État ne peut recruter tout le monde, mais il peut accompagner si l’on démarre (…). Moi-même, je suis employée dans la télécommunication, mais j’ai aussi décidé d’entreprendre (…). Croyez juste en vous et en vos rêves et surtout, essayez toujours ! », lance-t-elle.
La promotrice inscrit également son initiative dans une logique de promotion du « bio » et de consommation des produits locaux. Elle explique que l’activité a commencé en 2020, avant d’être officiellement formalisée en août 2026.
« La création de notre entreprise, qui a démarré depuis 2020, mais rendue officielle en août dernier, s’inscrit dans un contexte de “consommer 100 % bio et local”, qui est une des politiques portées par nos autorités. Chez nous, les prix sont très moins chers pour faciliter la cuisine à toutes les couches sociales », affirme Prénam Bidassa.
Cette ambition reste cependant confrontée à des contraintes matérielles qui limitent la capacité de production de l’entreprise, alors que la demande serait en progression, particulièrement à Kara.
« Nous rencontrons des difficultés (…). J’ai essentiellement besoin d’un accompagnement pour acquérir des machines, déshydrateur, moulin, contenants, séchoir, etc, pour tripler ma production puisque la demande est énorme, surtout ici à Kara », confie-t-elle.
Pour franchir ce cap, Y’Laurier sollicite donc l’appui de partenaires publics, privés ou institutionnels susceptibles de contribuer au renforcement de ses capacités de production.
« Nous lançons un appel à toute personne ou institution qui s’intéresse à l’entrepreneuriat et à l’autonomie de la jeunesse à nous venir en aide pour nous permettre de produire en quantité et d’être surtout compétitive sur les marchés. Notre vision est d’être une référence en matière de transformation des épices locales et des marinades dans le Grand Nord, et surtout de m’étendre vers Grékoukoa, où le besoin est énorme, ainsi que vers les pays voisins d’ici cinq ans », affirme-t-elle.
À travers Y’Laurier, Prénam Bidassa entend ainsi transformer une activité démarrée avec des moyens limités en une entreprise capable de répondre à une demande plus importante, tout en participant à la valorisation des produits locaux.
« D’ici là, n’oubliez pas que le secret du bon goût, c’est chez nous. Faites-y un tour ! À très bientôt ! », conclut-elle.

