Kozah : Fare Kpandja Adoul-Baki, un modèle d’entrepreneuriat agro-pastorale pour la jeunesse togolaise

À quelques kilomètres de Bafilo, dans la préfecture de la Kozah, l’agriculture et l’élevage constituent pour Fare Kpandja Adoul-Baki bien plus qu’une activité économique. À la tête de l’entreprise « Sourouwèna », ce jeune producteur-commerçant développe une exploitation diversifiée consacrée notamment à l’élevage de poulets locaux améliorés, de bovins et d’ovins, tout en pratiquant le maraîchage, l’apiculture et le jardinage. Son parcours lui a valu d’être distingué lors du concours « Entrepreneurs Connect », organisé par Africa Coworkers et ses partenaires les 19 et 20 août 2026 à Kara.

Située dans le canton de Komoniodè, à environ huit kilomètres après Bafilo, dans le village de Kadjalowa, à quelque 500 mètres de la station Somayaf-Komoni­odè, la ferme « Sourouwèna » ambitionne de répondre à la demande locale en produits issus de l’élevage et de l’agriculture.

L’entreprise est notamment spécialisée dans la production et la commercialisation de poulets locaux améliorés, prêts à être commercialisés à partir de trois mois, ainsi que de bovins et d’ovins. À cette activité d’élevage s’ajoutent la production maraîchère, l’apiculture et le jardinage. Plusieurs produits issus de la ferme sont déjà écoulés sur les marchés locaux.

Pour le promoteur, cette orientation répond également à une volonté de valoriser la production nationale. « Notre production s’inscrit dans le cadre de la vision du consommé local portée par les plus hautes autorités du pays et, plus globalement, de la lutte contre les poulets importés qui sont souvent infectés », affirme Fare Kpandja Adoul-Baki.

Sur son exploitation, le jeune entrepreneur accorde une attention particulière à l’alimentation de ses animaux. « En ce qui concerne notre formule alimentaire, nous combinons toute une gamme de produits tels que du lait concentré, du coudice, du soja, du maïs, de la coquille, à des pourcentages déterminés. Tout est local », explique-t-il.

Titulaire d’une licence en soins vétérinaires, Fare Kpandja Adoul-Baki estime que sa formation constitue un atout important dans la conduite de son activité. Il assure notamment participer lui-même au suivi sanitaire de ses animaux et à leur vaccination.


Son parcours professionnel est aussi présenté comme un encouragement aux jeunes diplômés qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat plutôt que d’attendre nécessairement un emploi salarié.

« Vous savez ? Mes enseignants me donnaient des ordres à l’école. Eh bien, j’ai voulu devenir moi aussi un donneur d’ordres en créant ma propre entreprise où je suis mon propre patron. L’école a toujours servi de base pour l’entrepreneuriat. L’école n’est pas mauvaise comme certains semblent le dire. Il suffit de ne pas rester les bras croisés après ses études (…). Moi, je suis titulaire d’une licence en soins vétérinaires et cela me sert énormément dans mon domaine. Je vaccine moi-même mes sujets. »

Selon lui, cette expérience s’est accompagnée d’une progression de l’activité. « Depuis 2021, le nombre de sujets a augmenté dans notre ferme. Il est passé de 45 têtes vendues en 2021 à 262 en 2026, avec actuellement 188 têtes en cours de préparation pour le marché (…). Tous les jeunes ont forcément un petit projet rémunérateur en tête. Je les encourage à se lancer (…). L’État ne peut recruter tout le monde, mais il peut appuyer nos idées. Croyez juste en vous et en vos rêves et surtout, essayez toujours ! », lance-t-il.

À l’horizon 2030, le promoteur nourrit de plus grandes ambitions pour « Sourouwèna ». Il souhaite notamment accroître la capacité de sa ferme, développer une identité commerciale propre et renforcer la transformation et la commercialisation de ses produits.

« D’ici 2030, je veux être reconnu, être un modèle pour la jeunesse, avoir une grande ferme, avoir mon propre logo, transformer et commercialiser localement mes produits. Si le besoin interne est satisfait, j’envisage d’exporter. Je veux juste contribuer à lutter contre la commercialisation des poulets importés qui sont parfois impropres à la consommation. On observe parfois ces produits importés incinérés par les autorités parce qu’ils ne peuvent plus être consommés. Chez nous, les prix sont très abordables et vous pouvez commander des poulets, des ovins, des bovins et des légumes tels que des choux, des laitues, etc., directement depuis notre ferme. Tout est bio (…). », déclare-t-il.

Ces ambitions restent cependant confrontées à des contraintes d’équipement et d’infrastructures. Pour augmenter sa capacité de production, l’entrepreneur souhaite notamment construire un bâtiment d’élevage et acquérir un moulin destiné à la préparation de l’alimentation animale.

« Nous rencontrons des difficultés (…). J’ai essentiellement besoin d’un accompagnement pour construire un bâtiment qui me permettra de sortir de ma ferme annuellement 1 000 pieds à moyen terme. J’ai aussi besoin d’acquérir un moulin pour concevoir la formule alimentaire de mes animaux sur ma ferme. La demande est énorme, surtout lors des fêtes », confie-t-il.

Le renforcement des capacités de production devrait également permettre à « Sourouwèna » de créer davantage d’emplois. « Nous lançons un appel à toute personne ou institution qui s’intéresse à l’entrepreneuriat et à l’autonomie de la jeunesse à nous venir en aide pour nous permettre de produire en quantité et d’être surtout compétitif sur les marchés. J’envisage aussi de recruter de la main-d’œuvre et, de ce fait, de contribuer à réduire le chômage au Togo. Je n’ai qu’un seul ouvrier pour l’instant », affirme-t-il.

À travers « Sourouwèna », Fare Kpandja Adoul-Baki veut ainsi faire de l’élevage et de la production agricole un levier d’autonomie économique, tout en encourageant d’autres jeunes Togolais à transformer leurs compétences et leurs idées en activités génératrices de revenus.

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