Nigeria : après les frappes américaines, des terroristes répondent à Trump

Quelques jours après des frappes américaines menées au Nigeria contre des groupes terroristes, la violence a de nouveau frappé avec une brutalité extrême. Le samedi 3 janvier 2026, le village de Kasuwan Daji, dans le district de Kabe, à l’ouest du pays, a été le théâtre d’une attaque sanglante qui a coûté la vie à au moins 30 personnes, selon la police de l’État du Niger. Un bilan qui pourrait être nettement plus lourd.

D’après le porte-parole de la police, Wasiu Abiodun, des hommes armés, qualifiés de « bandits » par les autorités, ont lancé un assaut coordonné contre la localité, faisant également plusieurs personnes enlevées. Des images authentifiées circulant sur les réseaux sociaux montrent des civils exécutés, confirmant la violence de l’attaque. L’Église catholique locale avance, de son côté, un bilan supérieur à 40 morts. Dans un communiqué, le diocèse de Kontagora dénonce une offensive menée « pendant des heures, sans aucune présence sécuritaire », soulignant que les victimes étaient indistinctement commerçants, fermiers, parents et écoliers, chrétiens comme musulmans.

Cette tragédie ravive de douloureux souvenirs dans une région déjà meurtrie. Kasuwan Daji se situe à moins de 20 kilomètres du pensionnat catholique Saint Mary, ciblé en novembre dernier par un enlèvement massif de plus de 250 élèves et membres du personnel, un épisode qui avait déjà mis en lumière la vulnérabilité persistante des zones rurales face aux groupes armés.

À Abuja, la réaction du pouvoir n’a pas tardé. Le président Bola Tinubu a ordonné aux forces de sécurité de traquer les responsables « au plus vite », promettant une riposte ferme. Les autorités nigérianes évoquent la possible implication de groupes armés ayant fui les frappes américaines menées à Noël contre des jihadistes affiliés à l’État islamique, suggérant un effet de dispersion plutôt qu’un affaiblissement durable des réseaux terroristes.

Au-delà de l’émotion, cette attaque souligne l’ampleur de la crise sécuritaire qui mine le Nigeria. Le pays fait face simultanément au banditisme armé dans l’ouest et le nord-ouest, à l’insurrection jihadiste persistante dans le nord-est et à des violences communautaires récurrentes. Malgré les opérations militaires nationales et l’appui ponctuel de partenaires étrangers, les populations civiles continuent de payer le prix fort.

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