Ce jeudi 26 juin 2025, Lomé, la capitale togolaise s’est réveillée dans une atmosphère inhabituellement calme, presque angoissante. Alors que s’ouvrent trois jours de manifestations annoncées depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux, Lomé s’est transformée dès l’aube en une ville à l’arrêt, suspendue dans l’attente d’éventuelles manifestations pacifiques annoncées.
Dans les rues habituellement grouillantes de la métropole, les klaxons se sont tus, les conversations marchandes ont disparu, et même les bruits des moteurs se font rares. À l’exception de quelques taxis téméraires, la circulation est étonnamment fluide. Les commerces, même ceux habituellement ouverts dès 6 heures, gardent rideau baissé ou n’ouvrent qu’à moitié, par crainte ou par précaution. Le cœur battant de la ville, le Grand Marché, s’est vidé de ses vendeuses, ces femmes habituellement incontournables et bruyantes, devenues invisibles pour un jour. Chose plus inquiétante encore, dans la journée d’hier mercredi 25 juin 2025, le grand marché était bondé de monde jusqu’en pleine nuit, preuve qui montre à suffisance que plusieurs ont fait des ravitaillements pour éventuellement tenir les trois jours de manifestations annoncées.

L’image la plus saisissante reste celle de ces carrefours stratégiques, carrefour GTA, Déckon, Adidogomé Douane, Colombe de la Paix, Deux Lions, carrefour Limousine, carrefour échangeur Agoè, carrefour mèche Amina, placés sous haute surveillance.
Des forces de l’ordre y ont pris position depuis quelques jours mais ces positions ont été renforcées dès les premières heures de ce jeudi. Les forces de l’ordre montent la garde, matraques en main, boucliers à portée, très équipés visiblement.
Le message est clair : l’État entend éviter tout débordement.
Dans certains quartiers de Lomé, des agents des forces de l’ordre ont été vus en train de dégager certaines barricades. Dans le même temps, des fourgonnettes de la police sont stationnées à proximité de la zone GTA, prêtes à intervenir à tout moment.

Pour l’heure, aucune violence n’a été signalée. Mais la présence massive des forces de sécurité et les fermetures généralisées montrent bien que la peur est palpable.
Lomé est figée, comme en apnée, dans l’attente du prochain mouvement. La rue a choisi le silence. Reste à savoir combien de temps il tiendra avant de se transformer, ou non, en clameur.
