Saif al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, est mort, a confirmé mardi une source proche de la famille Kadhafi à la chaîne Al Arabiya, une information également relayée par l’agence de presse officielle libyenne LANA. Selon cette source, l’ancien prétendant à la magistrature suprême a été tué par balle dans le jardin de sa résidence, lors d’une attaque menée par quatre individus qui ont immédiatement pris la fuite.
LANA cite Abdallah Othman, conseiller de Saif al-Islam, qui a confirmé le décès sans donner davantage de détails sur les circonstances exactes ni sur l’identité des assaillants. Aucune revendication n’avait été formulée à l’heure de la diffusion de l’information, dans un pays toujours marqué par l’instabilité sécuritaire et les rivalités entre factions armées.
Longtemps présenté comme le successeur naturel de son père avant la chute du régime en 2011, Saif al-Islam Kadhafi avait tenté de se repositionner sur l’échiquier politique libyen une décennie plus tard. En 2021, il avait annoncé sa candidature à l’élection présidentielle, un scrutin finalement reporté sine die, symbole des blocages institutionnels persistants en Libye. Cette ambition avait ravivé de profondes divisions au sein de la société libyenne, entre partisans d’un retour des figures de l’ancien régime et défenseurs d’une rupture définitive avec l’ère Kadhafi.
Deuxième fils de Mouammar Kadhafi, Saif al-Islam Muammar al-Gaddafi avait bénéficié d’une formation académique à la London School of Economics, ce qui l’avait longtemps distingué comme le visage réformateur du régime de son père. Après 2011, il était devenu une figure à la fois centrale et controversée, poursuivi par la Cour pénale internationale pour crimes présumés commis lors de la répression du soulèvement populaire, tout en conservant des soutiens dans certaines régions du pays.
Selon des informations relayées par plusieurs sources proches du dossier, les assaillants auraient, avant de passer à l’acte, neutralisé les caméras de surveillance installées autour de la résidence de Saif al-Islam Kadhafi. Cette manœuvre, si elle venait à être confirmée par l’enquête, accréditerait la thèse d’une opération préparée et ciblée, menée avec une connaissance préalable des lieux. Un élément supplémentaire qui renforce les interrogations sur le degré d’organisation des auteurs et sur les failles sécuritaires persistantes dans un pays encore fragilisé par des années de conflits et d’instabilité.
Sa mort intervient dans un contexte de fragilité politique accrue, alors que la Libye peine toujours à organiser des élections nationales consensuelles et à unifier ses institutions. L’assassinat d’une personnalité de cette envergure risque de raviver les tensions et de compliquer davantage les efforts de stabilisation, dans un pays où les règlements de comptes ciblés restent une réalité. Les autorités libyennes n’avaient pas encore communiqué officiellement sur l’ouverture d’une enquête, mais ce nouvel épisode souligne une fois de plus les défis sécuritaires et politiques majeurs auxquels la Libye demeure confrontée, près de quinze ans après la chute du régime Kadhafi.
