Une cinquantaine d’acteurs de l’éducation ont participé, mercredi 28 octobre 2026 à Tsévié, à une journée de sensibilisation consacrée à l’accueil et à l’accompagnement des élèves atteints d’albinisme. À travers cette initiative, l’Association nationale des personnes atteintes d’albinisme (ANAT) entend combattre les préjugés et favoriser un environnement scolaire où ces enfants peuvent apprendre et réussir sans discrimination.
Enseignants, directeurs d’école, inspecteurs et autres responsables pédagogiques ont été sensibilisés aux réalités vécues par les élèves atteints d’albinisme. Les échanges ont notamment porté sur les attitudes à adopter en classe, les difficultés auxquelles ces enfants peuvent être confrontés et les conséquences des comportements discriminatoires, tels que les moqueries, la mise à l’écart, les préjugés et les stéréotypes.
La projection d’un film a permis aux participants de mieux appréhender les expériences et les obstacles susceptibles de marquer le quotidien scolaire de ces élèves. Les discussions qui ont suivi ont donné lieu à des questions et à des échanges pratiques sur les moyens de favoriser leur intégration et leur participation aux activités pédagogiques.
Représentant le directeur régional de l’Éducation, le chef d’inspection IEPP Zio-Sud, Youto Hossou, a salué une initiative qu’il juge importante au regard des défis rencontrés par les personnes atteintes d’albinisme, en particulier les enfants scolarisés.
« Il y a un adage qui dit que mon peuple périt faute de connaissances », a-t-il rappelé, soulignant la nécessité de mieux informer les enseignants pour leur permettre d’identifier les besoins de ces élèves et de les accompagner dans de bonnes conditions. L’objectif, a-t-il expliqué, est de leur donner la possibilité de travailler et de réussir comme les autres enfants.
Pour le responsable de l’inspection, cette sensibilisation doit également encourager les enseignants à observer attentivement le comportement de chaque élève et à rechercher les causes de ses difficultés avant de prendre une décision. Une démarche qui invite à privilégier la compréhension, l’écoute et l’accompagnement plutôt que les jugements hâtifs.
Youto Hossou a, par ailleurs, remercié l’ANAT et appelé à la généralisation de cette formation. Il a également exhorté les pouvoirs publics à soutenir l’association afin que les connaissances acquises ne restent pas limitées aux participants, mais bénéficient à l’ensemble des établissements scolaires du Togo.
Du côté de l’ANAT, le coordonnateur des programmes de l’ANAT, Tonto Sourou Eric, s’est réjoui de la participation des acteurs de l’éducation. Il a particulièrement salué les questions posées par les enseignants et les inspecteurs, estimant qu’elles ont permis de clarifier certaines incompréhensions et d’identifier les obstacles auxquels les élèves atteints d’albinisme sont confrontés dans leur parcours scolaire.
Selon lui, l’implication des professionnels de l’éducation est essentielle pour construire un cadre scolaire plus inclusif. La sensibilisation vise notamment à mieux faire comprendre les difficultés rencontrées par ces apprenants et à rechercher, avec les équipes pédagogiques, des solutions adaptées pour lever les obstacles à leur participation et à leurs apprentissages.
Cette activité s’inscrit dans une tournée nationale qui doit couvrir neuf localités : Lomé, Aného, Tsévié, Notsè, Atakpamé, Est-Mono, Badou, Adéta et Kpalimé. L’ANAT s’est fixé pour objectif de sensibiliser et de former 500 acteurs de l’éducation, parmi lesquels des enseignants, des inspecteurs et des conseillers pédagogiques.
Au-delà de la transmission de connaissances, l’enjeu est de faire évoluer les pratiques au sein des établissements et de prévenir les discriminations susceptibles d’affecter la scolarité des enfants atteints d’albinisme. L’association défend depuis 2012 une démarche axée sur l’inclusion, l’accès aux soins appropriés, notamment dermatologiques et ophtalmologiques, et une meilleure prise en compte des besoins des personnes concernées.
À Tsévié, cette journée aura ainsi permis de rappeler que l’inclusion scolaire ne se limite pas à la présence d’un enfant dans une salle de classe. Elle suppose aussi un environnement protecteur, des attitudes adaptées et une vigilance face aux discriminations. La portée de la tournée dépendra désormais de la capacité des participants à traduire les enseignements reçus en pratiques concrètes et de l’élargissement de ces actions à d’autres établissements du pays.


