CPC : la DMP claque la porte

La Dynamique pour la majorité du peuple (DMP) a annoncé, ce dimanche 6 juillet 2025, son retrait immédiat du Cadre permanent de concertation (CPC), dénonçant une mascarade institutionnelle devenue, selon elle, un simple instrument de légitimation du pouvoir en place. Dans un contexte politique tendu, marqué par des violences récentes, des arrestations massives et la découverte de corps dans les lagunes de Lomé, la coalition politique tourne le dos à ce qu’elle qualifie de « chambre d’enregistrement au service du régime ».

Le déclic est survenu après la convocation, jugée précipitée et dédaigneuse, d’une session du CPC prévue ce lundi 7 juillet. Selon la Conférence des présidents de la DMP, non seulement l’ordre du jour transmis n’évoque aucunement les événements dramatiques des dernières semaines, notamment les manifestations violemment réprimées, mais la démarche même révèle une forme de mépris de la gravité de la situation.

« Aucun mot, aucune ligne de l’ordre du jour ne fait mention de la situation dramatique que traverse actuellement le Togo. Rien sur les revendications légitimes de la jeunesse… », fustige la DMP dans un communiqué ferme.

Depuis le 06 juin, le pays vit au rythme des contestations populaires contre le régime du président du Conseil, Faure Gnassingbé, au lendemain de l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution qui instaure la Cinquième République. Plusieurs appels à la mobilisation, notamment relayés par des jeunes via TikTok et d’autres réseaux sociaux, ont donné lieu à des manifestations violemment dispersées par les forces de sécurité. Le dernier bilan officiel fait état de 114 arrestations, dont 18 condamnations à 12 mois de prison (avec 11 mois de sursis), 87 libérations et 9 cas sous information judiciaire. Par ailleurs, des corps ont été retrouvés dans les lagunes, alimentant de vives inquiétudes sur les dérives sécuritaires et le respect des droits humains.

Face à ce climat jugé délétère, la DMP estime qu’il est politiquement irresponsable de maintenir les élections municipales prévues le 17 juillet 2025, comme si de rien n’était.

« Organiser des élections dans un climat de terreur serait un acte irresponsable, et le régime portera l’entière responsabilité de ce qu’il adviendrait s’il persiste à aller contre la volonté populaire », prévient-elle.

La coalition appelle donc à un report sine die du scrutin et à une mobilisation générale et continue des populations pour défendre la démocratie, dénonçant « l’impasse démocratique dans laquelle le régime a enfermé le Togo ».

En décidant de claquer la porte du CPC dix mois seulement après y avoir siégé, la DMP envoie un signal fort. Elle en appelle désormais à l’opinion nationale et internationale pour qu’elle prenne acte de ce qu’elle considère comme un verrouillage autoritaire du processus démocratique togolais.

Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *