La polémique enfle autour de la vidéo devenue virale montrant un groupe de personnes se présentant comme des « corps habillés à la retraite » affichant publiquement leur soutien au président du Conseil, Faure Gnassingbé, tout en tenant des propos perçus par certains observateurs comme des mises en garde à l’endroit de ses opposants. Dans un contexte politique marqué par de vifs débats sur les libertés publiques et le rôle des institutions républicaines, l’affaire a désormais franchi le seuil de l’Assemblée nationale.
La députée de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, a annoncé avoir adressé, le 16 juin 2026, une question orale au gouvernement par l’intermédiaire du président de l’Assemblée nationale afin d’obtenir des clarifications sur cette sortie médiatique qui continue de susciter interrogations et controverses.
Dans un communiqué publié le 18 juin 2026, l’élue de l’opposition explique que cette démarche s’inscrit dans le cadre de sa mission constitutionnelle de contrôle de l’action gouvernementale. Elle souhaite notamment comprendre dans quelles conditions d’anciens membres des forces de défense et de sécurité ont pu apparaître publiquement en uniforme et arborer leurs grades tout en s’exprimant sur des questions à forte connotation politique.
Selon la députée, cette situation soulève des préoccupations relatives au respect du principe de neutralité républicaine qui demeure au cœur du fonctionnement des institutions de défense et de sécurité. « Cette démarche vise à obtenir des clarifications sur plusieurs interrogations soulevées par le fait que d’anciens agents des forces de défense et de sécurité, se présentant publiquement en uniforme et surtout arborant leurs grades, aient tenu publiquement, sur des réseaux sociaux, des propos qui suscitent des inquiétudes quant au respect du principe de neutralité républicaine », souligne-t-elle.
Brigitte Adjamagbo-Johnson affirme également souhaiter que les mécanismes de contrôle parlementaire puissent jouer pleinement leur rôle dans le respect des prérogatives de chaque institution. « J’ose espérer que cette question orale recevra une réponse dans les formes et délais prévus par les textes en vigueur, conformément aux exigences de transparence et de redevabilité qui fondent le bon fonctionnement de nos institutions », a-t-elle déclaré.
L’affaire intervient alors que les relations entre l’exécutif et une partie de l’opposition demeurent marquées par des échanges parfois tendus sur les questions de gouvernance et de redevabilité publique. La parlementaire rappelle d’ailleurs qu’un nombre important de ses précédentes questions écrites, questions d’actualité et questions orales adressées à différents membres du gouvernement restent, selon elle, sans réponse depuis plusieurs mois.
