Le verdict provisoire des urnes ne laisse guère de place au suspense. Au Bénin, la Commission électorale nationale autonome (CENA) a proclamé, dans la nuit du 13 au 14 avril 2026, les résultats provisoires de la présidentielle du 12 avril, plaçant largement en tête le duo Romuald Wadagni – Mariam Chabi Talata.
Avec 4 252 347 voix, soit 94,05 % des suffrages exprimés, le tandem présidentiel distance très nettement l’opposition conduite par Paul Hounkpè et Rock Judicaël Hounwanou, créditée de 269 433 voix, soit 5,95 %.
Sur un corps électoral de 7 897 287 inscrits, 4 640 354 votants ont participé au scrutin, pour 4 522 756 suffrages valablement exprimés contre 117 598 bulletins nuls, soit un taux de participation de 58,75 %. Ces chiffres reposent sur la centralisation de 15 814 postes de vote sur 17 463, représentant 90,55 % des données compilées.
Face à cet écart, la CENA estime que l’issue du scrutin est « mathématiquement irréversible », précisant que l’intégration des résultats restants ne saurait « infléchir l’ordre de classement ». Conformément au Code électoral béninois, ces résultats provisoires ont été transmis à la Cour constitutionnelle, seule habilitée à proclamer les résultats définitifs.
Fait notable dans ce processus électoral, Paul Hounkpè a reconnu la victoire de son adversaire avant même la proclamation officielle des résultats provisoires. Dans une déclaration rendue publique le 13 avril, le candidat du parti FCBE a adressé ses félicitations à Romuald Wadagni et à sa colistière, allant jusqu’à le joindre par téléphone pour le « congratuler de vive voix ».
Cette reconnaissance rapide, rare dans les processus électoraux de la sous-région, contraste avec des contextes plus tendus observés ailleurs en Afrique de l’Ouest. Elle intervient dans un climat politique régional marqué par des recompositions et des débats sur la crédibilité des processus électoraux, notamment dans des pays voisins, où les questions de gouvernance et de cadre institutionnel restent au cœur des discussions publiques.
En attendant la validation de la Cour constitutionnelle, Romuald Wadagni semble ainsi se diriger vers une victoire sans appel, portée par une avance que même les derniers résultats en attente ne devraient pas remettre en cause.
