Attaques terroristes au nord du Togo : l’Opération Koundjoaré change de tempo

Un nouveau visage prend la tête de l’un des principaux dispositifs militaires engagés dans la sécurisation du nord du Togo. Le colonel Kadanga N’Guwaki a été nommé, le 29 septembre 2026, commandant de l’Opération Koundjoaré par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Il succède au colonel Kombate Latièmbé, désormais chef d’état-major de l’Armée de terre.

Créée en 2022, l’Opération Koundjoaré est déployée principalement dans la région des Savanes pour assurer la sécurisation du territoire, des populations et des biens, dans un contexte marqué par la menace des groupes armés dans le nord du pays. Son poste de commandement est basé à Dapaong et le dispositif peut être adapté en fonction des besoins opérationnels.

La nomination du colonel Kadanga N’Guwaki intervient quelques semaines après la réorganisation du haut commandement des Forces armées togolaises. Le 17 août 2026, plusieurs décrets avaient modifié la chaîne de commandement. Le colonel Tchakpélé Aklesso a notamment été promu général de brigade et nommé chef d’état-major général des FAT, tandis que le colonel Kombate Latièmbé, alors commandant supérieur de Koundjoaré, a pris la tête de l’Armée de terre.

Le choix de Kadanga N’Guwaki s’inscrit dans la continuité de son parcours opérationnel. En 2023, l’officier avait été nommé commandant du 1er Bataillon d’intervention rapide (1er BIR). Les documents du ministère de la Défense confirment cette nomination et son entrée dans la chaîne de commandement des formations opérationnelles des FAT.

Sa nouvelle affectation intervient alors que Koundjoaré demeure au centre de la stratégie sécuritaire togolaise dans les Savanes. Lors de sa visite aux troupes en mai 2026, Faure Gnassingbé avait reçu un briefing sur l’évolution de la menace, les opérations conduites et les difficultés rencontrées sur le terrain. Au poste opérationnel avancé de Tchamonga, dans la bande frontalière Est, il avait également donné de nouvelles orientations destinées à renforcer l’efficacité des unités engagées.

Koundjoaré constitue par ailleurs le volet militaire d’un dispositif plus large dans les Savanes, où interviennent également des mécanismes de prévention et de résilience comme le CIPLEV et le PURS. L’enjeu pour le nouveau commandant ne se limite donc pas à la conduite des opérations : il porte aussi sur la coordination du dispositif sécuritaire et la protection des populations exposées aux menaces transfrontalières.

La prise de commandement intervient enfin quelques jours après la commémoration du 40ᵉ anniversaire de l’agression du 23 septembre 1986. Le 23 septembre 2026, le Togo a rendu hommage aux victimes de cette attaque et distingué 16 officiers, sous-officiers et militaires de rang pour leur courage et leur engagement. Certains ont été décorés pour leur rôle lors des événements de 1986, d’autres pour leur participation à l’Opération Koundjoaré.

Cette proximité entre la cérémonie de reconnaissance des militaires engagés à Koundjoaré et la nomination de son nouveau commandant donne une dimension particulière à cette transition. Mais au-delà du symbole, le colonel Kadanga N’Guwaki prend surtout la responsabilité d’un dispositif confronté à une menace sécuritaire persistante dans le nord du Togo.

Son mandat sera donc suivi à l’aune de la capacité de Koundjoaré à maintenir la pression sur les groupes armés, à sécuriser les populations et à préserver la stabilité des zones frontalières des Savanes.

Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *