Une quinzaine de leaders religieux et communautaires de la préfecture de Tône ont pris part le mercredi 04 mars 2026 à un atelier de sensibilisation consacré à l’inclusion sociale des femmes et filles en situation de handicap. Les travaux se sont déroulés au séminaire des aînés de la ville de Dapaong.
Organisée par l’Association des Femmes et Filles Handicapées Vaillantes des Savanes (A2FHV-S), la rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet intitulé « Autonomisation et leadership des femmes et des filles en situation de handicap dans la région des Savanes ».
Lancé en 2025, ce projet se veut une réponse aux nombreux défis auxquels sont confrontés les femmes handicapées de la préfecture de Tône notamment le manque de formations adaptées à leurs besoins spécifiques, l’insuffisance de programmes inclusifs, la persistance des stéréotypes et attitudes discriminatoires à leur égard ainsi que leur faible représentation au sein des mouvements féministes et des instances décisionnelles.
Dans cette dynamique, plusieurs activités ont déjà été menées dans les quatre communes de la préfecture bénéficiaire de cette initiative portée par l’A2FHV-S avec l’appui financier de l’African Women’s Development Fund.
La session de mercredi dernier était spécifiquement dédiée aux leaders religieux et communautaires considérés comme des acteurs clés du changement social. À travers des échanges interactifs, les participants ont identifié les différentes barrières socioculturelles, économiques et institutionnelles qui freinent l’inclusion effective des femmes et filles en situation de handicap. Au terme des discussions, des propositions concrètes ont été formulées notamment le renforcement de la sensibilisation communautaire, la promotion d’un discours inclusif dans les lieux de culte et les espaces publics ainsi qu’une implication accrue de ces femmes dans les initiatives communautaires et les instances locales de prise de décision.
À en croire la directrice exécutive de l’A2FHV-S, Mme Françoise Dogomangue, la finalité est que les participants deviennent des relais dans leurs communautés respectives.
« Nous sollicitons leur appui pour vulgariser les actions en lien avec l’inclusion au sein de leurs communautés afin que dorénavant les femmes et les filles handicapées puissent être impliquées dans toutes les actions menées pour un développement durable », a-t-elle déclaré.
Du côté des participants, cet atelier a permis une véritable prise de conscience. Tous s’accordent à dire que le handicap ne doit en aucun cas constituer un facteur d’exclusion.
« Aujourd’hui, tout le monde doit travailler. Il ne faut pas exclure une personne handicapée à cause de la situation dans laquelle elle se trouve », a martelé la présidente du CDQ Bodjopal, Mme Kolani Ladi.
Cet atelier est l’une des dernières activités du projet « Autonomisation et leadership des femmes et des filles en situation de handicap dans la région des Savanes » dont la fin est prévue au 16 mars de cette année.
Aboulaye Kam

