États Unis : « adieu » la loterie visa

Les États-Unis ont annoncé la suspension du programme de visas par loterie, communément appelé « visa diversité », en vigueur depuis 35 ans et permettant chaque année à environ 50 000 ressortissants étrangers d’accéder à la résidence permanente. L’annonce a été faite par la ministre américaine de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, dans un contexte de vive émotion nationale, à la suite de la fusillade survenue à l’université Brown, qui a coûté la vie à deux étudiants et à un professeur.

Selon les autorités américaines, l’auteur de l’attaque, Claudio Manuel Neves Valente, était entré sur le territoire des États-Unis en 2017 grâce au programme de visa diversité (DV1) et avait par la suite obtenu une carte verte. Un élément que la ministre de la Sécurité intérieure a directement mis en avant pour justifier la décision gouvernementale. « Ce programme présente des risques pour la sécurité nationale », a-t-elle estimé, avant d’ordonner la suspension immédiate de la délivrance des visas diversité par tirage au sort.

Dans la foulée, Kristi Noem a instruit les services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis (USCIS) de mettre fin au programme, affirmant vouloir, selon ses propres termes, « éviter que d’autres Américains ne deviennent victimes de ce système ». Cette prise de position, ferme et sans nuance, relance un débat ancien et clivant aux États-Unis, où le visa diversité est régulièrement critiqué par certains responsables politiques, qui y voient une faille sécuritaire, tandis que d’autres le considèrent comme un outil d’ouverture et de diversification de l’immigration légale.

Créé il y a 35 ans, le programme de visas par loterie visait à offrir une chance d’immigration légale à des ressortissants de pays historiquement sous-représentés dans les flux migratoires vers les États-Unis, notamment en Afrique, en Asie et en Europe de l’Est. Chaque année, près de 50 000 bénéficiaires étaient sélectionnés par tirage au sort, après un processus administratif encadré mais souvent critiqué pour son caractère aléatoire.

Pour de nombreux pays africains, dont le Togo, cette suspension sonne comme une onde de choc. Le programme DV constituait l’une des rares voies d’accès légales à la résidence permanente américaine pour des milliers de jeunes diplômés, cadres et travailleurs qualifiés, dans un contexte où les autres canaux migratoires restent fortement restrictifs.

Au Togo, où le visa diversité est suivi chaque année par des dizaines de milliers de candidats, cette suspension pose la question des alternatives crédibles à offrir à une jeunesse confrontée au chômage, à la précarité et à des perspectives professionnelles limitées. Elle interpelle également les autorités sur l’urgence d’accélérer les politiques d’emploi, d’entrepreneuriat et de mobilité régionale, à l’heure où les opportunités d’émigration légale vers les grandes puissances se réduisent.

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