Judo : après la douleur, le réconfort pour la Franco-togolaise Clarisse Agbégnénou

Cinq mois après la naissance de son deuxième enfant, Clarisse Agbégnénou a déjà retrouvé le podium. La judokate franco-togolaise de 33 ans a décroché, le 29 août 2026, la médaille de bronze dans la catégorie des -63 kg au Grand Chelem de Lausanne, en Suisse, pour son retour à la compétition. Un résultat qui marque son retour au plus haut niveau après plus d’un an d’absence.

La championne olympique a remporté plusieurs combats avant de s’incliner en demi-finale face à la Polonaise Angelika Szymanska, vice-championne du monde 2024. Elle s’est ensuite imposée dans le combat pour le bronze contre la Tchèque Renata Zachova, qu’elle avait déjà affrontée en finale des Championnats d’Europe 2025.

Au-delà du résultat sportif, cette reprise avait une dimension particulière. Son fils Dakota est né le 11 mars 2026. Cinq mois plus tard, Agbégnénou retrouvait les tatamis avec sa fille Athéna, âgée de 4 ans, et son bébé présents à Lausanne. L’organisation avait également prévu un espace permettant à la championne d’allaiter son fils à proximité de la zone d’échauffement.

La judokate assure toutefois que ce retour n’a pas été improvisé. « Une femme cinq mois post-partum n’a pas à faire une compétition de judo, reconnaît-elle. Mais j’ai respecté mon corps : périnée, renfo, perte de poids, tout a été encadré. Je ne suis pas allée plus loin que ce que je pouvais faire. »

Cette préparation a été menée avec son staff, sa famille et sa nutritionniste. « J’ai un véritable village autour de moi », confie-t-elle. L’intéressée assure également avoir pris le temps d’écouter son corps et de construire progressivement son retour. Elle a d’ailleurs expliqué après la compétition avoir disputé cinq combats sans connaître de problème physique.

Ce bronze prend aussi une dimension intime. Pour la première fois, son père Victor n’était pas dans les tribunes. Décédé en avril dernier, il avait l’habitude d’assister à ses compétitions. Après sa victoire pour la troisième place, Clarisse Agbégnénou lui a dédié sa médaille, les larmes aux yeux.

« Je pense fort à mon père. Il est parti depuis peu, je sens qu’il me suit. C’est dur de ne pas le voir là, il venait à toutes les compétitions. C’est ma première compétition sans lui. Je lui dédie cette médaille », a-t-elle déclaré.

Avec ce podium, Agbégnénou signe donc bien plus qu’un simple retour à la compétition. À 33 ans, après une deuxième maternité et un deuil familial, la Franco-Togolaise confirme qu’elle reste compétitive dans une catégorie où elle compte déjà parmi les grandes figures du judo mondial. Son palmarès affiche notamment un titre olympique individuel, six titres mondiaux et désormais dix médailles d’or en Grand Slam.

Le bronze de Lausanne pourrait surtout servir de première étape vers les prochaines échéances internationales. La championne avait effectué ce retour avec les prochains Mondiaux de Bakou en ligne de mire, cinq semaines après le tournoi suisse.

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