Baptisé « Miva Kpoda » et prévu du 16 au 31 août, le tournoi petit poteaux lancé par Sheyi Emmanuel Adebayor est doté d’un prix de dix millions de francs CFA. Ce prix fait réagir. D’ailleurs le tournoi en lui-même fait également réagir plus d’uns. Si l’ancien capitaine des Éperviers présente son initiative comme une opportunité pour révéler de jeunes talents, d’autres y voient une opération de communication aux allures politiques dans un contexte national tendu.
Parmi les voix critiques, celle de Gerry Taama, ex-député du Nouvel Engagement Togolais (NET) et ancien officier de l’armée, s’est distinguée par un texte intitulé « Adebayor et son tournoi à 10 millions, j’accuse ». Sans remettre en cause le parcours sportif de l’ex-attaquant d’Arsenal et du Real Madrid, l’ancien parlementaire questionne la portée réelle de ce projet : « Je n’ai jamais critiqué Adebayor. Il nous a tellement fait rêver. Et c’est le Togolais le plus connu à l’international. Il ne s’est jamais intéressé à la politique et c’est ce qu’on attend d’un sportif : la neutralité. »
Pour Gerry Taama, le calendrier choisi n’a rien d’innocent. « Annoncer l’organisation d’un tournoi doté d’un prix de 10 millions pour la période du 16 au 31 août ne peut pas être neutre. Il annonce l’organisation du tournoi le 14. Ça sent trop la précipitation. Ceci ne peut pas être une coïncidence. Surtout avec l’annonce du concert de King Mensah. Après la photo des artistes exposés. Ça saute aux yeux, l’empire contre-attaque. Mais c’est de bonne guerre. C’est la politique. Chacun joue avec ses armes », écrit-il.
Au-delà du timing, l’ancien député estime qu’Adebayor aurait pu donner une autre dimension à ce rendez-vous, s’il s’agissait réellement d’une fête populaire : « Lui est à l’abri du besoin. Pourquoi risquer donc l’opprobre ? C’est forcément un effet d’annonce. L’espace est trop restreint. Ce n’est pas une fête du football. S’il voulait en faire une célébration pour remercier ses supporters comme il le dit, ça se déroulerait soit au stade de Kégué ou au stade municipal. Ça sent la précipitation, l’impréparation. Et ceci m’attriste. Pourquoi ne reste-t-il pas neutre. Dommage. »
Avec une pointe de sévérité, Gerry Taama interpelle directement l’ancien footballeur : « Avant de clôturer ce post. J’aimerais simplement demander à Adebayor : est-ce qu’il imagine ce qu’il serait devenu si Dieu ne lui avait pas donné son immense talent footballistique ? Qu’il regarde ses copains avec qui il traînait quand il était gamin pour nous dire s’il aimerait vivre comme eux. »
Tout en rappelant que chacun reste libre de dépenser son argent comme il l’entend, l’ex-parlementaire appelle l’icône du football togolais à une responsabilité morale : « Je répète encore, il est libre de dépenser son argent comme il veut, mais dans le contexte actuel, si on ne peut pas aider, il ne faut pas déranger. »
