Togo/refus de manifestation du 25 juillet : la société civile monte au créneau et s’insurge

La décision du gouvernement togolais d’interdire la marche citoyenne prévue le 25 juillet à Lomé continue de susciter l’indignation dans les rangs de la société civile. Prévue en mémoire des victimes des récentes manifestations sociopolitiques, cette mobilisation pacifique était portée par l’association Novation Internationale et soutenue par seize organisations de la société civile. Dans une lettre ouverte adressée au ministre de l’Administration territoriale, le Colonel Hodabalo Awaté, ces organisations dénoncent une série d’obstacles qu’elles jugent injustifiés et liberticides.

Elles reprochent notamment à l’administration de restreindre l’espace civique sous des prétextes jugés fallacieux. Le ministre a évoqué dans ses correspondances successives, en dates des 10 et 23 juillet 2025, le contexte électoral et des raisons sécuritaires pour motiver le refus d’autorisation. Pourtant, les OSC estiment que la campagne électorale est terminée, les résultats provisoires déjà proclamés et la phase contentieuse confiée à la Cour suprême. « Vous avez refusé à notre nation le droit d’exprimer sa compassion à l’endroit des familles éplorées », déplorent-elles dans leur lettre ouverte.

Les signataires soulignent par ailleurs le paradoxe d’un pays où une marche pacifique est interdite pendant que, dans d’autres régions, des festivités soutenues par l’administration battent leur plein. Une attitude qu’ils jugent discriminatoire et contraire aux articles 11 et 30 de la Constitution de 1992, garantissant le droit à l’égalité, à la dignité et à la liberté de manifestation.

« Ce silence qu’on nous impose n’est pas neutre : il est politique », alertent-elles, fustigeant un pouvoir qui, selon elles, instrumentalise l’ordre public pour museler l’expression citoyenne. À leurs yeux, empêcher une marche en hommage aux morts, c’est leur refuser le repos, et à la nation, le droit de faire mémoire. Elles appellent donc à une révision urgente des pratiques administratives en matière de libertés publiques.

Malgré les interdictions répétées, la société civile réaffirme son attachement au droit de manifester pacifiquement, et annonce qu’elle continuera de porter ce combat « quoi qu’il en coûte ».

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