La tension politique franchit un nouveau palier au Togo. Ce mercredi 17 septembre 2025, l’ancienne ministre des Armées, Marguerite Essossimna Gnakadé, a été arrêtée en pleine journée à son domicile de Tokoin-Solidarité, à Lomé. Selon plusieurs sources concordantes, confirmées par des proches de l’ex-membre du gouvernement, des hommes armés et cagoulés ont fait irruption dans sa résidence, défonçant les portes avant de l’emmener vers une destination pour l’heure inconnue.
A en croire les sources précitées, dès les premières heures de la matinée, le quartier avait été placé sous haute surveillance par des éléments des forces de défense et de sécurité. Les riverains décrivent une opération musclée, avec bouclage de la zone et forte présence d’hommes en uniforme.
Il faut rappeler que cette arrestation survient dans un climat tendu, moins de trois semaines après les manifestations du 30 août dernier organisées par le mouvement M66, auxquelles Mme Gnakadé avait publiquement apporté son soutien. Dans une vidéo diffusée à la veille du rassemblement, elle appelait les Togolais à « vaincre la peur » et à « occuper les trottoirs » pour exiger le départ du président Faure Gnassingbé. Un message qui avait marqué les esprits, venant de celle qui fut la première femme à diriger le ministère des Armées.
L’arrestation de l’ex-ministre des Armées, Marguerite Gnakadé, suscite de vives spéculations : si aucun motif officiel n’a été communiqué, des sources proches du pouvoir évoquent un complot impliquant des mercenaires étrangers, des financements européens et des caches d’armes découvertes à Lomé, faisant de la manifestation du 30 août un paravent d’une tentative de déstabilisation. Son sort rappelle celui d’autres figures influentes tombées en disgrâce, comme Kpatcha Gnassingbé ou le général Félix Kadanga, tous deux accusés d’avoir conspiré contre le régime.
Depuis son départ du gouvernement, Marguerite Gnakadé s’est imposée comme une voix dissidente, multipliant les prises de parole critiques à l’égard du pouvoir. Le 28 juillet 2025, dans une nouvelle sortie remarquée, elle dénonçait « la spirale d’endettement dans laquelle s’enfonce le pays », qualifiant ce phénomène de « dangereux pour les générations futures ».
