Un bébé d’environ un mois a été retrouvé seul dans une zone broussailleuse à Soko-Hangoumé, dans la commune de Vo 1, dans la nuit du samedi 19 au dimanche 20 septembre 2026. Découvert vers 3 heures du matin par des bouviers alertés par ses cris, le nourrisson était allongé au sol, sommairement emmitouflé et exposé aux intempéries.
Alertée, la brigade de gendarmerie de Vogan a dépêché une équipe sur les lieux. Après les premières constatations, les agents ont mis l’enfant à l’abri avant de le conduire à l’Hôpital du District de Vo, où il a reçu des soins d’urgence et a été placé sous surveillance médicale.
Pour l’heure, les circonstances dans lesquelles le bébé s’est retrouvé dans cette zone isolée restent inconnues. L’identité de la personne qui l’y aurait conduit n’est pas établie. La brigade de gendarmerie de Vogan a ouvert une enquête afin d’identifier le ou les responsables et de déterminer les circonstances exactes des faits. Les investigations devront notamment permettre de savoir s’il s’agit d’un abandon volontaire ou si d’autres circonstances expliquent la présence du nourrisson dans la brousse.
Cette affaire intervient quelques jours après un autre événement impliquant un nouveau-né à Lomé. Le 17 septembre 2026, une fillette avait disparu vers 11 heures d’une salle d’hospitalisation de la maternité du CHU Sylvanus Olympio. Selon les explications données le lendemain par le directeur général de l’établissement, le médecin lieutenant-colonel Agbobli Yawo Apélété, une femme non identifiée se serait introduite dans la salle avant de profiter d’un moment d’absence de la personne chargée de surveiller l’enfant pour l’emporter.
La direction du CHU avait alors indiqué que les accès de l’établissement avaient été verrouillés et que la gendarmerie avait été saisie. Plusieurs personnes de l’entourage du nouveau-né ont été auditionnées et les images de vidéosurveillance étaient exploitées afin de retracer les déplacements de la personne recherchée. À ce stade, aucune complicité n’était officiellement établie.
Les deux affaires, bien que distinctes, surviennent à quelques jours d’intervalle et mettent chacune en lumière la vulnérabilité particulière des nouveau-nés. Dans un cas, un enfant est recherché après avoir disparu d’une maternité ; dans l’autre, un bébé est retrouvé seul, en pleine nuit, dans une zone isolée. Il serait toutefois prématuré d’établir un quelconque lien entre ces deux événements en l’absence d’éléments issus des enquêtes.
Au-delà de l’émotion, ces faits posent néanmoins des questions concrètes sur la protection des enfants : quelles sont les conditions d’accès et de surveillance dans les maternités ? Quels mécanismes permettent d’accompagner les femmes confrontées à une situation de détresse ou à une grossesse non désirée ? Et quels dispositifs de protection peuvent être rapidement mobilisés lorsqu’un enfant est exposé à un danger ?
Sur le plan juridique, le cadre togolais prévoit des sanctions pour plusieurs comportements portant atteinte à la protection de l’enfant et à la famille. Le Code pénal de 2015 prévoit notamment l’infraction d’abandon de famille et des sanctions pénales associées. Mais la qualification juridique des faits de Soko-Hangoumé devra dépendre des conclusions de l’enquête et des circonstances effectivement établies.
Pour l’heure, la priorité demeure la protection du nourrisson retrouvé et l’identification de la personne qui l’a laissé dans cette zone. À Soko-Hangoumé comme au CHU-SO, les enquêtes devront permettre de reconstituer les faits et d’établir les responsabilités éventuelles, sans conclusions anticipées.
